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Le Pentagone redoute de publier des photos de détenus maltraités

Un activiste déguisé en détenu d'Abu Ghraib proteste... (Photo: AP)

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Un activiste déguisé en détenu d'Abu Ghraib proteste devant le ranch de George W. Bush, à Crawford, en novembre 2005.

Photo: AP

Daphné Benoît
Agence France-Presse
Washington

Le Pentagone, contraint de diffuser bientôt des centaines de photos des sévices «parfois effroyables» pratiqués dans les prisons en Irak et en Afghanistan sous l'ère Bush, redoute un retour de bâton après la publication de clichés appartenant selon lui au passé.

Suite à une action en justice intentée en 2004 par l'association américaine de défense des libertés ACLU, le département de la Défense a été sommé de diffuser ces photos avant le 28 mai.

Le Pentagone se gratte désormais la tête «pour déterminer quelle est la meilleure manière de partager ces photos avec le public», a expliqué mardi son porte-parole, Geoff Morrell, en faisant valoir qu'il s'agissait de photos témoignant de pratiques révolues, marginales et qui ont depuis été punies et interdites.

«Ces photos datent d'il y a au moins trois ans, chaque incident pris en photo a fait l'objet d'une enquête, chaque soldat reconnu fautif a été puni et nous sommes aujourd'hui certains que plus rien de tout cela n'a lieu», s'est défendu M. Morrell.

En outre, «ces clichés représentent un très petit pourcentage de l'ensemble des rapports de nos forces armées avec les détenus» en Irak, a-t-il poursuivi.

«Cela n'excuse en rien le comportement montré sur ces photos. Certains d'entre eux sont effroyables. Mais je ne pense pas qu'ils soient représentatifs de la façon dont nos forces ont pu traiter les Irakiens en détention», a-t-il conclu.

A l'heure où la situation semble s'être améliorée en Irak, responsables de défense et militaires américains veulent éviter de mettre le feu aux poudres, comme l'avait fait le scandale de la prison d'Abou Ghraïb, devenue mondialement célèbre après la publication en 2004 de photos montrant des détenus irakiens humiliés et maltraités par leurs gardiens américains.

L'épisode avait provoqué un tollé, profondément terni l'image des Etats-Unis et contribué à grossir les rangs des volontaires pour le «jihad».

Le contexte a toutefois bien changé.

Dès son arrivée à la Maison Blanche, le président Barack Obama a promis de mettre fin aux méthodes musclées de l'administration Bush en matière d'anti-terrorisme. Il a interdit l'usage de la torture, a juré de fermer le centre de détention controversé de Guantanamo et a rendu publics des notes secrètes de la CIA sur les méthodes d'interrogatoires brutales.

Interrogé sur la publication de ces notes, le secrétaire à la Défense Robert Gates n'a pas caché jeudi s'être «inquiété d'un retour de bâton potentiel au Moyen-Orient et sur les théâtres de conflit, et des conséquences négatives sur nos troupes».

Il a toutefois estimé ces révélations «inévitables». «Je pense qu'il était irréaliste de penser que nous pourrions garder le secret. Il va donc falloir faire avec».

«Nous aurions dû être informés de ce qui se passait», estime Sarah Mendelson, experte du Centre d'Etudes stratégiques et internationales (CSIS), qui déplore «un nouvel héritage de l'administration Bush».

Aujourd'hui, l'administration Obama publie photos et mémos dans le contexte d'un «débat sur la façon dont nous devons gérer nos crimes passés» et «en disant "nous savons que nous avons commis des crimes mais nous avons mis en place de nouvelles politiques"», souligne-t-elle.

«Ceux qui veulent nous faire du mal vont peut-être utiliser ce type d'information mais au final, la vérité sort toujours», conlut l'experte.




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