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Obama: 100 jours de rupture tous azimuts

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Les 100 jours d'Obama

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Les 100 jours d'Obama

Retour sur les 100 premiers jours de Barack Obama à la présidence des États-Unis. »

Nancy Benac
Associated Press
Washington

Fidèle à son slogan de campagne, Barack Obama s'est attelé au changement dès son arrivée à la Maison-Blanche, il y aura 100 jours mercredi. De l'économie aux guerres en Irak et en Afghanistan en passant par la place des États-Unis dans le monde, le nouveau président a ouvert tous les dossiers, avec une détermination qui redonne l'espoir à certains Américains mais en laisse d'autres réticents.

En attendant, pour la première fois depuis la capture de l'ancien président irakien Saddam Hussein en janvier 2004, une majorité d'Américains (48% contre 44%) pensent que leur pays a retrouvé la bonne voie, selon un sondage de l'institut GfK pour l'Associated Press. Et 64% de ses concitoyens (seulement 24% des républicains) approuvent l'action de Barack Obama.

L'opposition républicaine a de son côté mal pris le désir du chef de l'État de gouverner avec les deux camps et estime que sa politique d'ouverture a affaibli la position des États-Unis sur la scène internationale, après huit ans d'un George W. Bush dominateur. La gauche trouve M. Obama encore timoré sur le social et les tenants de l'orthodoxie budgétaire s'effraient pour leur part du déficit galopant.

Dans la tourmente économique, le fait historique que Barack Obama soit le premier président noir des États-Unis est presque oublié. Pour l'historien des présidences américaines Andrew Polsky, enseignant au Hunter College de New York, «on peut difficilement trouver un autre président qui, face à de tels défis, ait agi avec autant d'intelligence et de détermination». «Bien sûr, est-ce que cela va marcher, c'est une autre question, et il est trop tôt pour y répondre», nuance-t-il.

Force est de constater que Barack Obama a réellement engagé la rupture, à la fois par conviction et poussé par les circonstances.

Il y a ce plan de relance économique colossal qui lui permettra d'investir des milliards de dollars dans ses priorités comme la sécurité sociale et les énergies renouvelables; une loi étendant la couverture de santé à quatre millions d'enfants supplémentaires; une autre loi facilitant les poursuites contre les discriminations au travail; l'assouplissement des conditions de la recherche sur les cellules souches par rapport à l'époque Bush; la divulgations des techniques d'interrogatoire des terroristes présumés; l'envoi prévu du 21.000 soldats supplémentaires en Afghanistan; ou le limogeage orchestré par la Maison-Blanche du PDG du constructeur automobile au bord de la faillite General Motors.

D'autres signes du changement sont plus discrets: Barack Obama est le premier président à avoir accueilli à la Maison-Blanche le dîner traditionnel marquant la Pâque juive; des billets ont été spécifiquement réservés aux parents gays et lesbiens pour participer à la chasse aux oeufs de Pâques dans la résidence présidentielle; M. Obama est le premier président en exercice à avoir participé à l'émission «Tonight» sur NBC; son allocution radiophonique hebdomadaire est diffusée sur le site YouTube.

Autant de nouveautés qui n'ont pas empêché quelques ratés: Barack Obama a dû s'y reprendre à trois fois pour nommer son ministre du Commerce, deux fois pour la Santé, et a présenté des excuses après avoir déclaré que ses talents de joueur de bowling le cantonneraient aux Jeux paralympiques...

Mais dans le contexte de crise mondiale, l'économie sert de baromètre à l'action présidentielle. Face à la crise qui a vu 598.000 emplois détruits en janvier, 651.000 en février et 663.000 en mars, il a misé sur la dépense, injectant des milliards de dollars dans l'économie avant de proposer un budget qui devrait se traduire par des déficits de 9.300 milliards de dollars (7.022 milliards d'euros) d'ici 2019.

Le chef de file des républicains à la Chambre des représentants, John Boehner, a dénoncé cette «fièvre de dépenses jamais vue dans notre pays», tandis qu'environ la moitié des Américains se déclaraient «très inquiets» de voir grimper la dette qui pèserait sur les générations suivantes, selon le sondage GfK pour l'AP. A la mi-avril heureusement, le Dow Jones avait repris des couleurs et Barack Obama disait voir des «lueurs d'espoir».

S'il a consacré beaucoup d'énergie à l'économie, le président en a aussi gardé pour redorer le blason des États-Unis à l'étranger. «Les Américains ne sont pas vos ennemis», a-t-il lancé sur une chaîne arabophone, tandis qu'en Europe et en Amérique latine il martelait sa volonté d'établir une relation d'égal à égal, tendant la main à Cuba ou au président vénézuélien Hugo Chavez, bête noire de l'administration Bush. Les républicains n'ont pas manqué d'y voir un signe de faiblesse, mais si M. Obama reconnaît qu'il «s'est planté» sur le choix initial de son secrétaire de la Santé, «là, je pense que j'ai raison», dit-il au sujet d'Hugo Chavez.

Barack Obama, qui a hérité de deux guerres et d'une économie en crise, évoque souvent l'enjeu des décisions pour l'avenir des États-Unis, mais parle rarement des implications pour lui. «Je devrais rendre des comptes», a-t-il toutefois déclaré quelques semaines après ses débuts à la Maison-Blanche. Et d'ajouter: «Vous savez, j'ai quatre ans (...) Si je n'ai pas fait tout ça d'ici trois ans, cela risque d'être une mission d'un seul mandat».




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