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Cheney n'a aucun regret de ses huit années à la vice-présidence

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Dick Cheney

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Agence France-Presse
Washington

George W. Bush a exprimé des regrets à l'heure de dresser le bilan de huit années de présidence controversée. Pas son vice-président Dick Cheney, en tout cas pas vraiment.

Le fiasco des agences de renseignement américaines, dont les informations sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein ont justifié la guerre en Irak, restent «le plus grand regret» de sa présidence, a dit M. Bush le 1er décembre. Il ne s'agit certainement pas d'une remise en cause du bien-fondé de la guerre. M. Bush a dit que la décision de chasser Saddam Hussein resterait «à jamais» la bonne, erreurs du renseignement ou pas.

Mais ces propos ont retenu l'attention aux États-Unis, de la part d'un homme réputé réticent à admettre ses erreurs ou celles de sa présidence.

Alors, M. Cheney, des regrets ?

«Oh, pas beaucoup à ce stade», a répondu à la chaîne ABC News celui qui passe pour l'un des grands inspirateurs des pratiques politiques les plus contestées de la présidence Bush, de la guerre irakienne aux pratiques antiterroristes secrètes.

«Je crois que j'aurai l'occasion d'y réfléchir quand je serai parti d'ici et de voir si quelque chose me vient immédiatement à l'esprit. Je pense que, vu les circonstances auxquelles nous avons eu affaire, nous nous en sommes plutôt bien sortis».

De ces néoconservateurs qui ont tellement influencé M. Bush pendant une grande partie de sa présidence, M. Cheney est le plus éminent encore à la Maison-Blanche.

Celui qui est volontiers considéré comme le vice-président le plus puissant de l'histoire des États-Unis, et l'un des plus secrets, est aussi de ceux dont l'électorat conservateur dépité écoute encore la voix.

Il se complaît dans le rôle du méchant de la Guerre des étoiles, Dark Vador, le surnom que lui a donné Hillary Clinton. Il fait un avocat de premier ordre quand il s'agit de plaider ce que l'administration Bush revendique comme son plus grand succès, à présent que la récession est là et qu'elle ne peut plus se prévaloir de la croissance: le fait que les États-Unis n'aient plus été la cible d'attentats depuis le 11 septembre 2001.

Dans une série d'entretiens rare de la part d'un homme regardant sur les interviews, M. Cheney a parlé en décembre de «réussite remarquable».

Il a admis qu'il avait fallu en passer par «des pratiques impopulaires».

Il a confirmé qu'il avait été associé à la décision de mener des écoutes secrètes et de soumettre les suspects de terrorisme à des traitements dénoncés comme des actes de torture par beaucoup.

«Je suis très à l'aise quant à ce que nous avons fait. Je pense que c'était ce qu'il fallait faire. Dans les mêmes circonstances, je referais exactement la même chose».

Au passage, M. Cheney apporte une confirmation, extraordinaire sinon unique à ce niveau, que les Américains ont recouru à la technique consistant à donner au prisonnier la sensation de la noyade («waterboarding»), qu'elle a été appliquée à Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, et à deux autres, et que 33 prisonniers au total ont été soumis aux techniques d'interrogatoire controversées.

Le camp de Guantanamo (une «installation de première classe»), le renforcement des pouvoirs présidentiels: des nécessités selon lui.

Quant à l'Irak, M. Cheney a dit comprendre les regrets de M. Bush. Mais le renseignement, «ce n'est pas une science, c'est une forme d'art». Et Saddam Hussein était un «facteur malfaisant (...) le monde se porte mieux sans Saddam».

M. Cheney ne dit rien, vraiment, que M. Bush ou ses collaborateurs n'aient dit, en termes peut-être moins abrupts.

Cependant, si M. Bush dit volontiers laisser à l'Histoire le soin de le juger, M. Cheney pense que l'action de cette administration «sera vue sous une lumière favorable quand viendra le moment d'écrire l'histoire de cette époque».

Il y contribuera peut-être. Après avoir servi sous quatre administrations, il ne sait pas encore ce qu'il va faire, sinon s'adonner à la pêche à la mouche et, peut-être, à l'écriture d'un livre. «Il y a quelques histoires à raconter», dit-il.




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