L'épidémie mortelle d'Ebola en Afrique de l'Ouest a obligé l'Inde à reporter le troisième sommet Inde-Afrique prévu à New Delhi en décembre auquel devaient assister des représentants de 50 pays africains, annonce-t-on officiellement samedi.

Publié le 20 sept. 2014
AGENCE FRANCE-PRESSE

La progression du virus qui a déjà tué plus de 2600 personnes en Guinée, Liberia et Sierra Leone cette année a rendu difficile «l'organisation logistique eu égard aux normes de sécurité sanitaire à respecter», a déclaré un responsable du Ministère indien des Affaires étrangères.

L'Inde attendait près d'un millier de délégués, dont des ministres, des responsables gouvernementaux et des hommes d'affaires. Le sommet qui devait débuter le 4 décembre était l'un des évènements internationaux les plus importants dans le pays depuis des années.

Le gouvernement étudiera avec l'Union africaine les moyens de reprogrammer ce sommet à finalité commerciale dans le courant de 2015, a précisé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Syed Akbaruddin au cours d'une conférence de presse.

L'épidémie d'Ebola a frappé, dans son épicentre, des villages entiers et entraîné la Banque mondiale à mettre en garde contre une catastrophe économique.

La fièvre d'Ebola peut avoir raison de ses victimes en quelques jours. Elle entraîne des douleurs musculaires, des vomissements, des diarrhées et dans certains cas, des saignements internes et externes impossibles à arrêter.

Les aéroports indiens sont en état d'alerte pour filtrer les arrivées en provenance d'Afrique de l'Ouest afin de prévenir l'apparition de la maladie dans ce pays de 1,25 milliard d'habitants.

Le ministre indien de la Santé Harsh Vardhan a déclaré que le pays avait «mis en oeuvre le plan le plus avancé pour dépister» le virus.

Toutefois, des experts de santé publique estiment que l'Inde dont les services de santé sont déjà surchargés ne pourrait pas faire face à une épidémie et qu'elle n'avait pas les moyens de mettre en place des mesures efficaces d'isolement des malades et de protection du personnel médical.

Au début de la semaine, le président américain Barack Obama a annoncé le déploiement de troupes en Afrique de l'Ouest et appelé à une action globale concertée pour empêcher une progression «exponentielle» du virus.