«Avant le conclave, je lui ai dit: C'est peut-être la dernière fois que je t'appelle Marc! « Taquin, Mgr Turcotte avait lancé cette blague au cardinal Marc Ouellet, qu'il connaît depuis une quarantaine d'années, avant d'entrer dans la chapelle Sixtine. Son confrère, de huit ans son cadet, était un candidat sérieux parmi les cardinaux, a-t-il expliqué jeudi matin dans un point de presse à un jet de pierre du Vatican.

Mali Ilse Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

«Il était considéré par bien des gens. Il est brillant intellectuellement, il parle plusieurs langues et il a fait sa marque comme chef de la Congrégation des évêques. Il n'y a pas meilleur moyen de se faire connaître dans la curie romaine», a dit l'homme de 76 ans, qui s'est fêlé une côte en tombant la semaine dernière.

Selon lui, le cardinal originaire de La Motte est entré avec «crainte et tremblements» au conclave. «Il a sûrement eu le temps de réfléchir et d'avoir peur. Ce n'est pas pour rien qu'il se tenait loin des médias. Pour être pape, cela demande de l'héroïsme.» Le cardinal Ouellet a plusieurs fois confié à des journalistes qu'être élu pape serait un «cauchemar».

L'archevêque émérite de Montréal est certain d'une chose: Mgr Ouellet a mieux dormi après l'élection du pape François. «Il doit être vraiment soulagé. Il n'avait pas l'air malheureux quand je l'ai vu ce matin.»