Quelque 80 Américains indécis interrogeront Barack Obama et Mitt Romney mardi soir lors du deuxième débat présidentiel à Hempstead, près de New York, un format inauguré en 1992 et qui permettra de comparer directement le contact des deux candidats avec les électeurs.

Mis à jour le 15 oct. 2012
LA PRESSE CANADIENNE

Pendant 90 minutes, à partir de 21 h, Barack Obama et Mitt Romney se déplaceront librement sur une scène circulaire bordée de gradins où s'assoiront les électeurs sélectionnés. Ils auront deux minutes chacun pour répondre aux questions qui leur seront posées avant une minute de « discussion ».

L'institut Gallup a recruté la semaine dernière par téléphone environ 80 personnes assurant ne pas encore savoir pour qui elles voteraient, ou penchant pour un candidat tout en assurant qu'elles pourraient toutefois finalement voter pour l'autre.

En outre, « nous faisons attention à ne pas avoir trop de gens qui penchent en faveur de Romney ou d'Obama, on essaie de faire moitié-moitié », explique à l'AFP Frank Newport, rédacteur en chef de Gallup, et qui a supervisé la sélection.

Les électeurs ne sont pas représentatifs de la population américaine, mais seulement des électeurs indécis du comté de Nassau, qui inclut l'Université Hofstra où a lieu le débat, à 40 km à l'est de New York.

La modératrice du débat, la journaliste de CNN Candy Crowley, rencontrera le groupe mardi et sélectionnera les questions à l'avance. Seules neuf personnes avaient pu prendre la parole en 2008 lors du débat entre Barack Obama et John McCain, qui avait aussi inclus trois questions par internet.

Candy Crowley a indiqué qu'elle ne se contenterait pas de passer le micro, mais relancerait les candidats si leurs réponses étaient évasives, une affirmation qui selon le magazine Time inquiète les deux campagnes.

Le format existe depuis 1992 et la campagne opposant Bill Clinton à George Bush. Le démocrate avait alors dominé le président sortant, qui dans un plan resté fameux regardait ostensiblement sa montre pendant qu'il n'avait pas la parole.

En 2000, le vice-président Al Gore s'était levé de sa chaise et rapproché de George W. Bush d'un air de défi pendant l'une des réponses du républicain, qui s'était contenté d'un bref hochement de tête dans sa direction, avant de poursuivre tranquillement.

Le débat commence à 21 h et abordera la politique intérieure et les affaires étrangères.

Obama répond aux enfants, Romney trop occupé



À la veille du deuxième débat présidentiel, la chaîne Nickelodeon place lundi les enfants en arbitres du duel entre les candidats à la Maison-Blanche, avec une séance de questions-réponses à laquelle seul Barack Obama s'est prêté.

Le républicain Mitt Romney a de son côté décliné la proposition, son équipe affirmant que « son agenda ne le permettait pas ». Des séquences de discours du républicain seront diffusées en guise de réponses aux questions des enfants.

L'affaire est pourtant une tradition. C'est la sixième fois que la chaîne pour enfants organise ce type de soirée spéciale, pré-enregistrée, qui sera suivie d'un appel au vote de son public sur l'internet (www.nick.com/kpp).

Les résultats seront publiés le 22 octobre et les équipes du démocrate Barack Obama ou du républicain Mitt Romney ont tout intérêt à être à l'écoute, prévient la chaîne : « Dans cinq cas sur les six dernières campagnes, les enfants ont correctement désigné celui qui allait gagner ».

Le Kids Pick the President: The Candidates , diffusé à 20 h et qui durera 22 minutes, n'est pas un vrai débat en direct. Des centaines de jeunes, âgés de 10 à 16 ans, ont pu poser leurs questions par l'intermédiaire de la chaîne qui rend compte de la campagne électorale.

Une quinzaine ont été filmés dans plusieurs villes du pays et sept finalement retenus pour faire partie du programme final, avec des questions diverses portant sur les armes, le mariage homosexuel, l'immigration ou le chômage.

« Je me cogne aux murs tout le temps », confie Obama

Le président Barack Obama a enregistré ses réponses le 19 septembre à la Maison-Blanche.

La presse brocardait la défection de Mitt Romney, ironisant sur le fait qu'il « avait d'abord insulté Big Bird » avant de « snober » Nickelodeon, en référence au débat présidentiel du 3 octobre. Mitt Romney avait alors affirmé vouloir arrêter de subventionner la chaîne publique PBS même s'il « adorait Big Bird » de l'émission culte pour enfants « 1, rue Sésame ».

La « défense » de  Big Bird  était devenue une cause nationale et un motif d'innombrables plaisanteries sur les réseaux sociaux comme dans les commentaires politiques.

Linda Ellerbie, la journaliste qui anime le journal des jeunes sur la chaîne, et cette émission spéciale, a déploré cette absence « pour le public de Nickelodeon. Le but du programme n'est pas de savoir qui va gagner. C'est de faire participer très tôt les enfants au processus démocratique », a-t-elle dit à l'AFP.

La chaîne a dévoilé en avant-première quelques questions auxquelles le président a bien voulu répondre, pas toutes politiques. A-t-il eu des chagrins d'amour? « Ça m'est arrivé », a confié le président, « et cela nous enseigne que la vie continue ».

Interrogé sur les moments où il se retrouve bien embêté, il a avoué se « cogner aux murs » : « C'est tout moi », dit-il, « je me cogne aux murs et aux tables tout le temps ».

Linda Ellerbie a regretté ne pas avoir les réponses de M. Romney sur ces sujets-là, qui « donnent un aperçu de ce qui se cache sous le cuir du candidat ».

M. Obama ainsi que son rival républicain John McCain s'étaient prêtés au jeu il y a quatre ans. Les candidats Bush père et fils, Bob Dole, Bill Clinton, Al Gore ou Ross Perot avaient également sacrifié à la tradition.