Neuf militaires tunisiens ont été tués et dépouillés de leurs armes près de l'Algérie où l'armée tente depuis des mois de neutraliser un groupe lié à Al-Qaïda, a appris l'AFP auprès de sources médicale et militaire sur place.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les soldats ont été retrouvés égorgés et leurs armes ainsi que leurs uniformes ont été volés après une embuscade par un groupe armé, ont indiqué ces deux sources à Kasserine (ouest) près du Mont Chaambi où l'attaque a lieu lundi dans l'après-midi.

Quatre autres militaires ont été blessés, selon les mêmes sources.

Plus tôt, la télévision d'État Wattaniya 1 avait fait état de huit soldats «tués lors d'échanges de tirs avec un groupe terroriste au Mont Chaambi».

«Il s'agit de membres d'une unité d'élite», a ajouté la chaîne, alors que les autorités tunisiennes ne se sont pas exprimées dans l'immédiat.

Plusieurs centaines de manifestants en colère se sont rassemblés dans la soirée devant l'hôpital de Kasserine scandant des slogans hostiles aux islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement.

La zone de Chaambi fait l'objet d'une chasse à l'homme depuis décembre et la mort par balles d'un gendarme. Le ratissage de ce mont par l'armée a redoublé au printemps après que plusieurs soldats ont été blessés et tués par des engins explosifs cachés dans cette région.

Le gouvernement a reconnu qu'un groupe armé lié à Al-Qaïda composé de plusieurs dizaines d'hommes était actif dans la région. Certains de ces combattants sont des vétérans de la guerre au Mali.

La mort de ces militaires intervient alors que la Tunisie est profondément déstabilisée par une nouvelle crise politique provoquée par l'assassinat d'un opposant la semaine dernière, le deuxième depuis février.

L'opposition réclame le départ du gouvernement et organise chaque soir des manifestations à Tunis notamment.

Le Premier ministre Ali Larayedh, issu du parti islamiste Ennahda, a rejeté cette revendication dans un discours très ferme, tout en promettant des élections le 17 décembre prochain.

Le président tunisien Moncef Marzouki a appelé à l'union nationale. Tout en prédisant d'autres «défis, des sacrifices et des victimes», M. Marzouki a lancé une mise en garde aux «terroristes».

«Qu'ils ne se trompent pas, ce peuple va les combattre et nous trouverons les moyens de triompher», a-t-il dit.

Moncef Marzouki a aussi évoqué l'actuelle crise politique déclenchée la semaine dernière par l'assassinat du député d'opposition Mohamed Brahmi, regrettant que cette «tragédie» n'a pas provoqué l'union mais «la division et l'anarchie» en Tunisie.

L'opposition réclame depuis l'assassinat jeudi la démission du gouvernement et la dissolution de l'Assemblée nationale constituante (ANC), des revendications rejetées par le Premier ministre Ali Larayedh lundi.