Le premier ministre tunisien, l'islamiste Hamadi Jebali, veut «bâtir une démocratie modèle pour le monde arabe», et appelle à l'aide l'Europe et les États-Unis pour y parvenir, dans un entretien publié dimanche par Aujourd'hui-Le Parisien.

Publié le 21 oct. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Notre grand dessein, c'est de bâtir une démocratie modèle pour le monde arabe», déclare le chef du gouvernement tunisien, numéro 2 d'Ennahda, le parti islamiste au pouvoir depuis un an en Tunisie.

«Notre modèle doit réussir, il faut que l'Europe, l'Amérique, que tous nous y aident», ajoute-t-il, invitant les «amis européens à investir dans la démocratie». «Sinon, l'alternative, c'est le chaos, l'anarchie... qui toucherait tout le monde», prévient-il.

Interrogé sur la condition féminine dans son pays depuis l'arrivée au pouvoir de son parti, M. Jebali affirme que les femmes tunisisiennes sont «libres» et que l'égalité homme-femme sera inscrite dans la future Constitution. «On parle bien d'égalité, ce sera même la clé de voûte de notre Constitution», dit-il.

La religion «a sa place, mais sans contraindre personne», ajoute le premier ministre tunisien, qui se définit comme un «islamo-démocrate» à l'image des chrétiens-démocrates européens.

Revenant sur l'affaire de la jeune femme tunisienne violée par des policiers et menacée d'inculpation d'attentat à la pudeur, Hamadi Jelabi réaffirme que ce viol est «un crime abominable auquel on ne doit chercher aucune excuse».

«C'est un crime d'autant plus grave qu'il a été commis par des policiers» ajoute-t-il, disant espérer «que les magistrats seront exemplaires».