Le Vatican a encouragé les évêques catholiques à ne pas prévenir la police des soupçons de pédophilie portant sur des prêtres et a contourné la loi irlandaise, ont déclaré mercredi les parlementaires irlandais dans une dénonciation sans précédent de l'influence du Saint-Siège sur ce pays catholique.

Mis à jour le 21 juill. 2011
ASSOCIATED PRESS

Le gouvernement et tous les partis d'opposition ont soutenu unanimement la motion accusant le Vatican d'avoir saboté la décision des évêques irlandais en 1996 de commencer à signaler à la police les cas d'abus présumés sur des enfants.

«Nous ne sommes pas Rome. C'est la République d'Irlande de 2011, une république de droit», a lancé le premier ministre Enda Kenny devant les députés. Il a dénoncé «le dysfonctionnement, la déconnexion, l'élitisme et le narcissisme, qui dominent la culture du Vatican jusqu'à présent». Il a ajouté que les responsables de l'Église catholique avaient cherché de façon répétée à défendre leurs institutions au détriment des enfants et «découpé et analysé» chaque révélation de scandales couverts par les prélats avec «l'oeil perçant d'un juriste du droit canon».

C'est la première fois que le Parlement irlandais fustigeait ainsi le rôle du Vatican, plutôt que celui de l'épiscopat local, dans les scandales des prêtres pédophiles révélés depuis 17 ans.