Les victimes italiennes de pédophiles du clergé ont manifesté pour que ces abus sexuels soient reconnus comme un crime contre l'humanité à l'occasion d'un premier rassemblement du genre samedi à Vérone.

Publié le 25 sept. 2010
ASSOCIATED PRESS

L'organisateur de la manifestation, Salvatore Domolo, a appelé à la solidarité internationale. Il a aussi demandé à la justice civile d'exécuter pleinement ses devoirs en vertu de la liberté et de la vérité, sans être intimidé par le clergé.

La complicité des hauts-dirigeants de l'Église, conjuguée au grand nombre de ces crimes sur la scène internationale, devrait mener à la conclusion qu'il s'agit de crime contre l'humanité commis par l'organisation politico-religieuse, a déclaré M. Domolo en conférence de presse, lui-même une victime et un ancien prêtre. Il a été abusé de 8 à 12 ans et a pratiqué la prêtrise pendant 15 ans.

Plusieurs dizaines de personnes, des victimes et leur famille, se sont réunies à Vérone pour la manifestation. Les organisateurs du rassemblement espèrent que les victimes isolées comprendront qu'elles ne sont pas seules et que la population, récalcitrante à croire que des prêtres et des soeurs aient pu commettre de tels crimes, sera convaincue.

La ville de Vérone a été choisie pour ce premier rassemblement en raison des abus qui y ont eu lieu entre les années 1950 et 1980 dans une école pour personnes sourdes. Soixante-sept étudiants y ont souffert d'agressions sexuelles, de pédophilie et de punitions corporelles.

«En Italie, il n'y a pas d'espoirs pour les victimes de pédophiles. Au moment où la victime prend conscience qu'elle en est une, il n'y a plus de recours judiciaire possible», a indiqué M. Domolo. Il a ajouté que ce rassemblement est crucial parce que la présence de l'Église catholique dans la société italienne réduit les possibilités de discussions sur le sujet.

«L'Église est au courant de ce qui se passe depuis 50 ans mais elle continue de garder le silence d'une façon dégoûtante», a affirmé Salvatore Domono.

Une femme sourde de 58 ans ayant étudié pendant 15 ans à l'Institut Antonio Provolo pour les sourds de Vérone, a raconté que lors de sa première confession, ne sachant pas quoi dire, elle avait demandé conseil aux soeurs. «Je leur ai dit que je me grattais parce que mes vêtements de laine me piquaient. Les soeurs m'ont répondu: «Dis-lui que tu te touches».»

Une autre manifestation sera organisée à Rome à la fin du mois d'octobre.