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La cavalerie polonaise contre des chars allemands, un mythe?

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Dans cette photo datée de septembre 1939, la cavalerie polonaise d'apprête à affronter les forces allemandes.

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Deuxième Guerre mondiale: 70 ans après
Deuxième Guerre mondiale: 70 ans après

Soixante-dix ans après le début de la Deuxième Guerre mondiale, des vétérans racontent leurs souvenirs. »

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Jonathan FOWLER
Agence France-Presse
Varsovie

Des cavaliers polonais, sabre au clair, qui chargent à toute allure les chars allemands au début de la Seconde guerre mondiale: cette image de Polonais, désespérés et idéalistes, s'attaquant aux envahisseurs nazis super puissants est un mythe, disent les experts.

Pire encore: le perpétuer, c'est prolonger la propagande nazie.

Comme nombre de légendes, celle-ci a été bâtie sur une histoire réelle, explique à l'AFP l'historien Christoph Mick de l'université britannique de Warwick.

Le 1er septembre 1939, le premier jour de l'offensive nazie contre la Pologne, environ 250 cavaliers polonais ont attaqué l'infanterie allemande à Krojanty. Mais après avoir réussi à disperser l'ennemi, ils ont été surpris par des blindés allemands émergeant d'un bois. Plusieurs dizaines de soldats et de chevaux ont péri.

«Arrivés peu après sur le champ de bataille, des journalistes allemands et italiens ont saisi l'image de corps de cavaliers et de chevaux abattus en face de deux chars allemands», raconte M. Mick.

«Cet épisode a été utilisé par la propagande allemande pour preuve de la faiblesse de l'armée polonaise et de l'incapacité des Polonais à mesurer la force de la Wehrmacht. La cavalerie polonaise n'a jamais attaqué les chars allemands», affirme-t-il, tenant ainsi des propos similaires à ceux de nombreux experts contactés par l'AFP.

>>>Lire notre dossier sur la Deuxième Guerre mondiale, 70 ans après

Le mythe a servi aussi d'autres objectifs de la propagande allemande. La doctrine du «Blitzkrieg» -- guerre éclair -- était basée sur des avancées rapides des forces motorisées appuyées par les avions de la Luftwaffe.

Le côté psychologique comptait beaucoup aussi. «Leurs films de propagande mettaient toujours en valeur les chars et les avions», indique Wojtek Lietz, expert polonais et membre du 8e régiment d'Uhlans, un groupe de reconstitution historique.

L'Allemagne, forcée à se démilitariser à l'issue de la Première guerre mondiale, a rapidement renouvelé sa puissance militaire dès l'arrivée d'Adolf Hitler au pouvoir en 1933. Les autres pays ont manqué l'occasion. La Pologne prévoyait notamment de mieux motoriser ses troupes vers 1942.

Mais le rôle des chevaux pendant la guerre est loin d'être mythique. En 1939, la Pologne disposait de 320 000 cavaliers mais les chevaux servaient surtout à transporter les troupes.

«La cavalerie était formée et utilisée comme une infanterie à cheval. Les cavaliers n'étaient pas censés se battre à cheval. Ils en descendaient avant de se lancer dans la bataille», souligne Jan Szkudlinski du musée polonais de la Seconde guerre mondiale.

Parfois seulement, ils retrouvaient la tactique traditionnelle pour charger contre les troupes allemandes. Cela a eu lieu une vingtaine de fois. Et, en dépit de son image haute-technologie, l'armée nazie comptait environ 200 000 cavaliers.

Une confrontation directe entre cavaliers polonais et allemands a eu lieu notamment à Krasnobrod (est), le 23 septembre, deux semaines avant la capitulation de la Pologne.

«À l'est, il n'y avait pas de bonnes routes», rappelle M. Lietz. Les chevaux étaient bien adaptés à ces terrains sablonneux. On l'a vu lors des batailles de la guerre polono-soviétique de 1919-1921. Plus tard, la Wehrmacht et l'Armée rouge ont utilisé le cheval après l'invasion allemande de l'URSS en 1941.

Les chevaux ont combattu aussi sur d'autres fronts. La cavalerie allemande a été la première à atteindre les berges de la Seine en 1940. Les cavaliers américains et britanniques ont combattu les Japonais aux Philippines et en Birmanie.

L'historien londonien Adam Zamoyski a encore une explication de la vitalité du mythe: «Les gens aiment les histoires simples, surtout quand elles représentent d'autres nations comme étranges et un peu inférieures».




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