La ligue de jeunesse du Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, a salué vendredi la mémoire de l'ex-leader libyen Mouammar Kadhafi, en qui elle voit un «martyr anti-impérialiste» et un modèle dans sa propre lutte pour la «liberté économique».

AGENCE FRANCE-PRESSE

La Ligue «salue le colonel Mouammar Muhammad Abou Minyar al-Kadhafi, le martyr anti-impérialiste, un soldat courageux et combattant contre la recolonisation du continent africain», qui «a été impitoyablement tué par des rebelles armés par les forces de l'OTAN qui ont envahi la Libye à cause de ses ressources naturelles», écrit-elle dans un communiqué.

«Le «Frère leader» a résisté à la domination impérialiste sur le continent africain et n'a jamais consenti au drainage continu des ressources naturelles du sous-sol africain. Il a compris (...) que les ressources naturelles de l'Afrique doivent être utilisées au bénéfice des peuples d'Afrique», ajoute le mouvement, qui fait en Afrique du Sud campagne pour la nationalisation des mines.

«Qu'il ait été tué au combat est une source d'inspiration pour de nombreux combattants de la liberté à travers le continent et dans le monde, et particulièrement pour la génération des combattants pour la liberté économique», souligne-t-elle.

La ligue des jeunes de l'ANC a appelé à une «action de masse de la jeunesse pour la liberté économique», les 27 et 28 octobre, qui doit notamment comprendre des manifestations contre la Bourse de Johannesburg, la Chambre des mines et le siège du gouvernement.

Son turbulent chef Julius Malema l'a inscrite dans le cadre de sa «guerre» contre la «minorité blanche» qui domine encore l'économie sud-africaine.

Il s'oppose parallèlement à la direction de l'ANC -qui le poursuit actuellement pour indiscipline-, à qui il reproche la lenteur des transformations socio-économiques du pays, dix-sept ans après son arrivée aux affaires.

L'ANC, qui avait bénéficié du soutien de la Libye dans sa lutte contre l'apartheid, a jugé dans un communiqué «regrettable que le conflit libyen se soit terminé par le meurtre horrible» de Kadhafi.

Quant au gouvernement sud-africain, il s'est contenté jeudi de «prendre note» de la mort de l'ancien guide libyen.