L'ex-premier ministre libyen Al-Baghdadi Al-Mahmoudi a été arrêté en Tunisie et condamné jeudi à six mois de prison pour être entré illégalement dans le pays, a annoncé le ministère tunisien de la Justice.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Auparavant, le ministère de l'intérieur tunisien avait présenté une personne portant le même patronyme appréhendée mercredi soir dans le sud-ouest de la Tunisie comme l'ex-chef des services de renseignements du colonel Mouammar Kadhafi.

Le porte-parole du ministère de la Justice Kadhem Zine el Abidine a annoncé qu'Al-Baghdadi Al-Mahmoudi «a été présenté en comparution immédiate au procureur de la République de Tozeur (430 km au sud de Tunis) et a été condamné à 6 mois de prison ferme avec effet immédiat», pour franchissement illégal de la frontière.

Le porte-parole n'a pas précisé son lieu de détention.

Selon le ministère de l'Intérieur, Al-Baghdadi Al-Mahmoudi «a été arrêté avec deux hommes mercredi par les forces de sécurité intérieures près de Tamaghza (sud-ouest) à la frontière avec l'Algérie».

Les trois hommes ne disposaient pas de tampon d'entrée sur le territoire tunisien, a ajouté le porte-parole du ministère de l'Intérieur Hichem Meddeb, sans être en mesure de préciser s'ils étaient entrés depuis l'Algérie.

M. Meddeb avait insisté sur le fait qu'il s'agissait du chef des services de renseignements de l'ancien régime.

Al-Baghdadi Al-Mahmoudi a été le dernier premier ministre du colonel Mouammar Kadhafi, qui est en fuite depuis la chute de Tripoli le 23 août.

M. Meddeb a également affirmé que cette arrestation n'avait «pas de lien» avec un accrochage survenu mercredi soir dans la même région entre un groupe armé venu d'Algérie et l'armée tunisienne.

Le 7 septembre, un autre proche du colonel Kadhafi, le commandant libyen Khouildi Hamidi, avait été arrêté à l'aéroport international de Tunis alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Casablanca, au Maroc.

Poursuivi lui aussi pour «entrée illégale» sur le territoire tunisien, il a bénéficié d'un non-lieu le 13 septembre.

De nombreux dignitaires du régime Kadhafi ont transité par la Tunisie depuis le début du conflit en Libye mi-février.

Tunis, officiellement neutre pendant plus de 6 mois, a reconnu le Conseil national de transition le 21 août.