La Turquie et la Russie vont entamer vendredi des patrouilles dans le nord-ouest de la Syrie à Idleb, dernière région contrôlée par les rebelles, a annoncé le ministre turc de la Défense Hulusi Akar.

Mis à jour le 8 mars 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

« Des patrouilles vont commencer aujourd'hui », a déclaré M. Akar à l'agence étatique turque Anadolu, précisant que Moscou patrouillerait « dans la région frontalière à l'extérieur d'Idleb » et les forces turques « dans la zone démilitarisée » située dans la province.

« Il y avait des restrictions pour l'utilisation (par la Turquie) de l'espace aérien à Idleb et Afrine, mais elles sont levées à partir d'aujourd'hui », a-t-il ajouté.

Un correspondant de l'AFP a vu vendredi matin un convoi d'une dizaine de véhicules blindés turcs dans la zone démilitarisée à l'ouest d'Alep.

Idleb, contrôlée par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS), une organisation formée par l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, est le dernier bastion en Syrie contrôlé par les rebelles.

En septembre, Ankara, qui appuie les rebelles, et Moscou, allié du régime, ont signé un accord stipulant la création d'une « zone démilitarisée » séparant la province d'Idleb et les territoires insurgés adjacents des zones gouvernementales attenantes.

Cette zone tampon, large de 15 à 20 km devait, selon l'accord, être nettoyée des armes lourdes, tandis que les djihadistes devaient s'en retirer.

Le plan n'a été que partiellement appliqué, mais il a permis d'empêcher une offensive d'envergure du régime contre cette région qui abrite quelque trois millions d'habitants, dont la moitié sont déjà des déplacés venus de bastions rebelles reconquis par le pouvoir à travers le pays.

« Les forces turques présentes en Syrie sur des sites d'observation répartis dans les zones d'Alep, Hama, Idleb et les pentes des montagnes de Lattaquié se préparent à effectuer des patrouilles dans les zones de mise en oeuvre de l'accord Poutine-Erdogan », a également déclaré vendredi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Plus de 160 civils, dont 60 enfants, ont été tués par des frappes du régime depuis la mise en oeuvre de l'accord sur la zone tampon, selon l'OSDH. Par ailleurs, 94 rebelles et djihadistes ont également été tués, de même que 125 combattants du régime.