Le président libanais Michel Sleimane a jugé mardi «inacceptable» le raid mené la veille, pour la première fois, par l'aviation syrienne contre son territoire, mais la Syrie a démenti avoir frappé son voisin.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le bombardement aérien syrien contre le territoire libanais est une violation inacceptable de la souveraineté libanaise», a-t-il dit selon un communiqué de la présidence daté de Lagos où il se trouve dans le cadre d'une tournée en Afrique pour visiter notamment les importantes communautés libanaises qui s'y trouvent.

Il s'agit de la première confirmation officielle que ce raid a bien frappé le territoire libanais.

«Les informations colportées par des médias libanais, arabes et internationaux affirmant que des avions-chasseurs syriens ont lancé des bombes à l'intérieur du territoire libanais sont sans fondement», a indiqué mardi un responsable du ministère syrien des Affaires étrangères, sous le couvert de l'anonymat.

«Le ministère dément totalement cette information et affirme qu'il respecte la souveraineté libanaise et demeure attaché à la sécurité et à la stabilité du Liban frère», ajoute le responsable, cité par l'agence officielle Sana.

Un haut responsable militaire libanais, qui a gardé l'anonymat, avait confirmé à l'AFP le raid, mais sans vouloir préciser s'il avait touché le Liban.

«Des avions syriens ont tiré quatre roquettes lundi sur la frontière entre le Liban et la Syrie, mais je ne peux pas encore dire s'ils ont frappé le territoire libanais ou seulement le territoire syrien», avait-il dit.

En revanche, le département d'État américain avait confirmé que des avions militaires syriens avaient pour la première fois lundi mené des raids sur le nord du Liban, qualifiant ce bombardement d'«escalade significative».

«Des avions et des hélicoptères du régime syrien ont tiré des roquettes sur le nord du Liban, touchant Wadi Khail, près de la ville frontalière d'Arsal. Cela représente une escalade dans les violations de la souveraineté territoriale libanaise dont la Syrie se rend coupable», avait déclaré la porte-parole du département d'État, Victoria Nuland.