Il est temps de «mettre en route la justice» internationale, a déclaré lundi à Genève Mme Carla del Ponte, membre de la commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les violences en Syrie, à propos des crimes de guerre commis dans le pays.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Il est temps de céder la place à la justice, nous suggérons la Cour pénale internationale», a déclaré Mme del Ponte, en présentant un nouveau rapport de la commission d'enquête de l'ONU dénonçant l'escalade de la violence et des crimes de guerre commis par tous les protagonistes de la guerre civile en Syrie.

«Nous ne pouvons pas décider nous-mêmes de saisir la justice internationale, mais nous faisons pression sur la communauté internationale pour qu'elle agisse», a ajouté Mme del Ponte.

De son côté, le président de la commission d'enquête de l'ONU, M. Paulo Pinheiro, a rappelé que la commission «n'est pas un organe de justice». «Nous collectons l'information des deux côtés, et nous ne faisons aucune différence entre les parties au conflit», a expliqué le Brésilien.

Mme del Ponte a rappelé que la commission avait dressé une liste, gardée secrète, des responsables de crimes de guerre en Syrie. «Nous sommes capables d'identifier les auteurs de haut rang de ces crimes, ceux qui décident, organisent et planifient», mais cette liste, destinée aux autorités judiciaires, reste «secrète, car c'est au tribunal de lancer sur cette base des enquêtes formelles, et de rédiger des actes d'accusation», a-t-elle dit.

Selon le nouveau rapport de la Commission d'enquête, créée en 2011 et qui n'a jamais pu se rendre en Syrie, le pays est désormais pris dans une spirale de violences qui ne cesse de s'aggraver.

La guerre civile en Syrie a fait plus de 70 000 victimes, selon l'ONU.