Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition au régime du président Bachar al-Assad, a menacé mercredi à Tripoli de demander une intervention de la communauté internationale pour protéger les civils contre la répression «irresponsable» menée par Damas.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Si le régime continue à être irresponsable - et nous avons noté que durant les dernières 48 heures il a répondu à l'initiative arabe par plus de tueries, avec 35 morts à Homs - dans ce cas, notre principal objectif est d'appeler à protéger les civils», a déclaré un des membres du CNS, Najib Ghadbian.

Cette aide extérieure pourrait, selon lui, prendre la forme d'une zone tampon ou d'une zone d'exclusion aérienne, sur le modèle de celle décrétée par les Nations unies en Libye pour protéger les civils de la violente répression menée par le dirigeant déchu Mouammar Kadhafi.

«Ce n'est pas la même chose que d'appeler à une intervention militaire menée par des forces étrangères», a-t-il insisté, lors cette visite en Libye, seul pays à reconnaître le CNS comme unique représentant légitime du peuple syrien.

La Ligue arabe a appelé dimanche à la tenue d'une «conférence de dialogue national» sous 15 jours au Caire entre le gouvernement syrien et l'opposition, pour mettre fin aux violences et «éviter une intervention étrangère».

Selon M. Ghadbian, «il y a une pression grandissante depuis l'intérieur de la Syrie, venant principalement du régime (...) qui pousse le mouvement de protestation à prendre les armes».

«Nous pensons, et c'est une question de principe, que conserver le caractère pacifique de la révolution est la meilleure façon de faire tomber ce régime», a-t-il ajouté.

Créé fin août à Istanbul et lancé officiellement le 2 octobre, le CNS réunit la majeure partie des courants politiques opposés au régime de Damas: les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestations, les libéraux, la confrérie des Frères musulmans, interdite de longue date en Syrie, ainsi que des partis kurdes et assyriens.

La délégation du CNS a rencontré Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition (CNT) libyen.

Hassan al-Soughair, membre du CNT, a assuré que le nouveau pouvoir à Tripoli apporterait «toutes sortes de soutien» pour garantir le succès de la «révolution» syrienne.

La répression des manifestations hostiles au régime Assad a fait 3000 morts, en majorité des civils, selon l'ONU.