Le président du Yémen Ali Abdallah Saleh s'est dit mercredi prêt à signer un plan de transfert du pouvoir proposé par les monarchies du Golfe à condition d'obtenir des garanties américaines et européennes concernant le calendrier de ce plan.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je signerai. Mais fournissez des garanties sur la mise en oeuvre du plan du Golfe», a-t-il dit, réaffirmant vouloir quitter le pouvoir après 33 ans à la tête de l'État, au cours d'un meeting de son parti, selon l'agence officielle Saba.

«Nous voulons, d'abord, des garanties du Golfe, ensuite, européennes, enfin, américaines. Ces trois garanties doivent accompagner le plan du Golfe», a-t-il ajouté, après 10 mois d'insurrection populaire réclamant son départ.

«Une partie de la pression exercée aujourd'hui vise à ce que (le plan) soit signé sans aucune condition, et que le calendrier (pour sa mise en oeuvre) soit examiné plus tard», a-t-il expliqué.

Le plan du Golfe propose que le président Saleh remette le pouvoir à son vice-président 30 jours après la signature, en échange de l'immunité pour lui-même et ses proches.

Son application devrait conduire à une élection présidentielle anticipée et garantir une transition pacifique et démocratique du pouvoir.

Un gouvernement d'union nationale dirigé par un Premier ministre issu de l'opposition serait formé, et une élection présidentielle suivrait 60 jours après le départ du président.

«Nous avons dit que nous étions prêts à soutenir l'initiative (du Golfe), mais vous ne voulez pas discuter d'un calendrier pour son mécanisme ?», a ajouté sans plus de détails le président dont le mandat court jusqu'à 2013 et qui a résisté aux pressions internationales pour signer l'accord.

Au moins 861 personnes ont été tuées et 25 000 blessées depuis le début des manifestations, selon une lettre du Mouvement de la jeunesse yéménite envoyée début octobre aux Nations unies.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine une résolution condamnant les violences au Yémen, la situation y ayant empiré, a indiqué mercredi un diplomate occidental.

Un projet de résolution a été distribué aux quinze pays du Conseil mardi soir. Il doit être discuté mercredi au niveau des experts puis soumis à un vote à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine, a ajouté ce diplomate sous couvert d'anonymat.