Des milliers de protestataires anti-gouvernement ont pris d'assaut la principale université de la capitale du Yémen, samedi, empêchant la rentrée des classes d'avoir lieu et déchirant des affiches du président, dont ils exigent le départ.

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La foule tentait ainsi de maintenir en vie le mouvement de contestation qui secoue le Yémen depuis le mois de février. Les manifestations qui ont eu lieu jusqu'à présent n'ont toutefois pas mené à la démission du président de longue date Ali Abdullah Saleh, qui reçoit des soins en Arabie Saoudite après avoir été blessé, en juin, dans un attentat contre la résidence présidentielle.

«Pas d'études ni d'enseignement» ne se feront d'ici à ce que le président quitte le pouvoir, ont scandé les élèves qui manifestaient sur le campus universitaire, à Sanaa. L'établissement est situé à proximité de l'épicentre de la révolution yéménite, où un camp de protestation occupe le centre de la capitale depuis février. Les protestataires ont fermé les portes des bureaux administratifs de l'université et ont déchiré les photos du président qui se trouvaient dans les locaux du doyen.

Dans les environs de la capitale, au moins 20 autres écoles ont gardé leurs portes fermées aux élèves samedi, alors que plusieurs bâtiments ont été réquisitionnés par des hommes armés liés au gouvernement et par des soldats qui se sont joints à l'opposition, a expliqué la directrice de l'école Ayesha.

Fatma Mutahar a tenté de les en chasser sans toutefois réussir, invoquant que les écoles étaient des lieux d'apprentissage et non des casernes.

L'école Ayesha se trouve dans le centre de Sanaa, près de la frontière délimitant les territoires des hommes de tribus opposées au président Saleh et ceux des forces de sécurité fidèles au régime. Les deux camps se livrent une bataille sanglante depuis le mois de mai.