L'administration Obama a tendu la main aux rebelles libyens en leur proposant d'ouvrir un bureau à Washington, mardi, quelques heures après que les forces de l'OTAN eurent bombardé la capitale libyenne.

Mis à jour le 24 mai 2011
Diaa Hadid et Michelle Faul ASSOCIATED PRESS

En moins d'une demi-heure, peu après minuit, une vingtaine de frappes aériennes ont causé de bruyantes explosions à Tripoli. Il s'agissait du plus intense bombardement de la capitale libyenne depuis le début de la campagne aérienne contre les forces de Mouammar Kadhafi.

Des panaches de fumée étaient visibles à plusieurs endroits dans la ville. De la fumée s'élevait notamment du complexe résidentiel de Mouammar Kadhafi.

Un représentant du gouvernement américain a averti le dirigeant libyen que la cadence des frappes allait s'intensifier.

Le conseiller adjoint à la Sécurité nationale de Barack Obama, Ben Rhodes, a affirmé que les États-Unis voulaient faire comprendre à Kadhafi que les attaques n'allaient pas cesser. Il a ajouté que la renonciation au pouvoir par le colonel Kadhafi était dans le meilleur intérêt de ce dernier et des Libyens.

Le porte-parole du gouvernement libyen, Moussa Ibrahim, a quant à lui déclaré que les récentes frappes de l'OTAN avaient fait au moins trois morts et des dizaines de blessés.

Selon lui, les endroits atteints par les forces de l'OTAN étaient des bâtiments utilisés par des soldats volontaires de l'armée libyenne.

Dans un communiqué, l'OTAN a indiqué que plusieurs frappes avaient atteint un emplacement servant à remiser des véhicules et qui avait été utilisé lors d'attaques contre des civils. Le complexe de Bab al-Azizya, dans lequel se trouvent plusieurs installations militaires, a été frappé à répétition.

Plus tard durant la journée de mardi, le sous-secrétaire d'État pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a indiqué qu'il avait, au nom du président Obama, transmis aux rebelles une invitation à ouvrir un bureau à Washington, un geste qu'il a qualifié d'important jalon dans les relations entre les États-Unis et le Conseil national de transition.

M. Feltman a toutefois refusé de parler de la reconnaissance officielle de ce bureau, invoquant la nature temporaire du Conseil national de transition.

Les membres du Conseil national de transition ont en effet affirmé qu'ils représenteraient les Libyens jusqu'au renversement de Kadhafi et à la tenue d'élections démocratiques.

«Nous ne sommes pas en contact avec Kadhafi ou avec ses représentants, a affirmé M. Feltman à des journalistes au cours d'un passage dans la ville rebelle de Benghazi. Ils n'ont pas de contact avec nous. Ils ont perdu toute légitimité.»

Durant les frappes sur Tripoli, des cris ont été entendus à l'extérieur d'un hôtel où séjournent des journalistes étrangers. Des partisans pro-gouvernementaux klaxonnaient bruyamment en tirant des coups de feu et en criant pour exprimer leur soutien envers Mouammar Kadhafi.

Selon des observateurs, il s'agissait de la plus importante offensive menée par troupes de l'OTAN depuis le début des opérations en Libye, le 19 mars. Deux jours auparavant, le Conseil de sécurité de l'ONU avait autorisé l'OTAN à prendre «toutes les mesures nécessaires» pour protéger la population, conformément à la résolution 1973.

Malgré les actions militaires qui ont été entreprises depuis, les rebelles n'ont pas réussi à réduire l'emprise qu'exerce Mouammar Kadhafi sur l'ouest du pays, incluant sur la capitale, Tripoli.

Lundi, les gouvernements de la France et du Royaume-Uni ont annoncé que des hélicoptères seraient déployés sous peu au-dessus du ciel libyen. Les hélicoptères, qui volent à plus basse altitude, permettront de mieux circonscrire les frappes. Les appareils sont cependant plus vulnérables aux tirs provenant du sol.

L'arrivée de ces appareils marque le début d'une nouvelle stratégie de l'OTAN. Depuis le début de l'intervention en Libye, l'organisation a eu recours à des avions de chasse pour mener à bien sa mission. Toutefois, les succès se font toujours attendre.