Le groupe minier chilien San Esteban propriétaire de la mine San José, où 33 mineurs ont été bloqués sous terre en août et septembre derniers, a évité la faillite suite à un accord avec ses créanciers sur la vente de ses actifs qui lui permettra notamment de payer les salaires dus au personnel.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«L'assemblée des créanciers a convenu d'un délai de quinze mois, pendant lesquels il sera procédé à la réalisation de ces biens, avec pour finalité de régler toutes ces créances», a annoncé jeudi Rocio Pérez, une magistrate d'un tribunal civil de Santiago, qui a ratifié l'accord.

Un expert avait été nommé fin septembre pour se prononcer sur la viabilité financière de San Esteban, au bord de la faillite faute de production depuis l'accident survenu le 5 août dans la mine de cuivre et d'or San José.

L'accord conclu jeudi devrait permettre le règlement en trois temps, d'ici mars 2011, du solde de tout compte des près de 300 employés, grâce aux revenus dégagés par la cession d'un terrain déjà intervenue.

L'avocat de San Esteban, Fernando Lohse, s'est dit sur Radio Cooperativa satisfait de l'accord, qui selon lui va permettre «de chercher sur les 15 mois à venir d'une manière ordonnée des acquéreurs de l'entreprise, de ses propriétés minières et de l'infrastructure».

La justice avait gelé fin septembre les biens de San Esteban, évalués à 9,7 millions de dollars, après avoir été saisie par l'État, en vue de couvrir le coût des secours, estimé entre 10 et 20 millions de dollars.

La direction de San Esteban reste par ailleurs sous le coup d'une demande d'indemnités de 12 millions de dollars de la part des familles des mineurs et d'une plainte pour «manquement à ses devoirs».

Les 33 mineurs ont passé 70 jours bloqués à plus de 600 m sous terre à la suite d'un éboulement souterrain le 5 août dernier, avant d'être remontés sains et saufs à la surface au terme d'une spectaculaire opération de secours qui a captivé le monde.