Les autorités indiennes ont annoncé lundi que près de 6000 personnes portées disparues après les inondations qui ont frappé en juin le nord du pays étaient désormais présumées mortes.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«5748 personnes sont portées disparues et les procédures de compensation financière pour leurs familles vont débuter demain (mardi) en présumant qu'elles sont mortes», a déclaré Vijay Bahuguna, le chef du gouvernement de l'Uttarakhand, l'État le plus sinistré.

Les autorités estimaient il y a quelques jours encore que certaines personnes portées disparues pourraient être rentrées chez elles ou avoir continué leur voyage sans informer les autorités qu'elles étaient saines et sauves.

Des corps flottants dans des rivières ont été découverts à des centaines de kilomètres de la zone inondée, soulignant la difficulté de retrouver les morts.

Le 15 juin, en pleine saison touristique dans le nord de l'Inde où les températures sont plus clémentes, les rivières en crue ont emporté maisons, immeubles, et même des villages entiers, et détruit plus de 1000 ponts et des routes étroites menant à des sites de pèlerinage situés en altitude.

Des milliers de militaires avaient été mobilisés, aidés par des hélicoptères de l'armée impliqués dans l'évacuation de plus de 100 000 personnes bloquées par les intempéries dues à une mousson précoce.

Le gouvernement a promis de verser 500 000 roupies (environ 8550 $) aux familles de chaque victime ayant péri dans les crues et les glissements de terrain dus à une mousson précoce.

Vijay Bahuguna a précisé que chaque État indien prendrait en charge l'indemnisation de ses résidants. «Un total de 924 disparus et présumés morts viennent de l'Uttarakhand et leurs familles recevront des compensations des fonds de l'État», a-t-il dit.

L'Uttarakhand, surnommé «Terre des dieux» pour les nombreux lieux sacrés qu'il abrite, va également débloquer 500 000 roupies pour chaque enfant ayant perdu ses parents dans la catastrophe.

Des écologistes et des agences d'aide au développement ont affirmé que le développement urbain anarchique et la déforestation étaient responsables du bilan des inondations.

L'organisation caritative internationale ActionAid a en particulier estimé que la construction de barrages hydroélectriques et les projets miniers au cours des dix dernières années en Uttarakhand ont menacé le fragile écosystème des nombreuses vallées de cet État.