(Séoul) La Corée du Nord a poursuivi ses programmes de développement de son armement malgré une situation économique aggravée par le blocus qu’elle s’est elle-même imposé en raison de la pandémie de coronavirus, a souligné un rapport de l’ONU mardi.

Agence France-Presse

Plusieurs séries de sanctions ont été imposées à Pyongyang en réponse à ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, qui ont fait des progrès rapides sous l’actuel dirigeant Kim Jong-un.

La publication du rapport intervient après qu’une série de tirs de missiles a relancé les inquiétudes internationales ces dernières semaines, allant jusqu’à provoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le document, publié mardi heure de Séoul et couvrant une période allant du 6 février au 3 août, assure que la Corée du Nord continue de peaufiner ses programmes d’armement.

« Malgré l’attention portée par le pays à l’aggravation de ses difficultés économiques, la République populaire démocratique de Corée a continué à maintenir et à développer ses programmes nucléaires et de missiles balistiques », indique le rapport écrit par un groupe d’experts chargés de surveiller les sanctions imposées à ce pays isolé.

Pyongyang n’a procédé à aucun tir de missile balistique intercontinental ou essai nucléaire depuis 2017 mais le rapport souligne que des essais « combinant des technologies balistiques et de guidage » ont été menés et que l’activité se poursuit sur des sites clés liés au programme nucléaire.

Par ailleurs, les experts enquêtent sur des transferts illicites de voitures de luxe malgré la fermeture des frontières début 2020 pour se protéger de la pandémie de coronavirus apparue dans la Chine voisine et l’arrêt des importations de produits de consommation, y compris des produits de luxe interdits pas les sanctions onusiennes.

Kim Jong-un a été vu ces derniers mois dans des VUS Lexus et le rapport fait état d’une tentative d’expédition de véhicules de luxe d’une valeur de plus d’un million de dollars, dont des modèles de ce type, probablement depuis les Émirats arabes unis vers Ningbo, en Chine, en vue d’un acheminement vers la Corée du Nord.

Les discussions sur le nucléaire sont au point mort depuis l’échec en février 2019 à Hanoï d’un deuxième sommet entre M. Kim et le président américain de l’époque Donald Trump, Pyongyang repoussant les efforts de Séoul pour raviver le dialogue.

Sous la présidence de Joe Biden, les États-Unis ont affirmé à plusieurs reprises leur volonté de rencontrer des représentants nord-coréens avec une volonté de dénucléarisation.

Kim Jong-un a refusé la semaine dernière les offres de dialogue accusant le gouvernement Biden de « poursuivre la politique hostile des précédentes administrations ».