(Pékin) Un médecin de 29 ans, contaminé par le coronavirus, est décédé à Wuhan, la ville chinoise à l’épicentre de l’épidémie, ce qui en fait l’un des plus jeunes patients connus morts de la maladie et alourdit le bilan humain parmi le personnel soignant.

Agence France-Presse

Peng Yinhua est décédé jeudi après avoir été infecté par le coronavirus en travaillant à l’Hôpital du peuple numéro 1 du quartier de Jiangxia à Wuhan, a rapporté vendredi l’agence étatique Chine nouvelle.

Le docteur Peng avait projeté de se marier durant les congés du Nouvel An lunaire fin janvier, mais avait dû repousser les noces pour se consacrer aux patients de l’épidémie de pneumonie virale.

Détail poignant : « Il n’a jamais eu l’occasion d’envoyer les cartons d’invitation pour son mariage, qui sont restés dans les tiroirs de son bureau », indique l’agence.

Huit décès dans le corps médical

Au moins huit membres du personnel médical sont morts en Chine après avoir été contaminés par le virus.

La maladie COVID-19 a tué plus de 2200 personnes et atteint plus de 75 000 personnes en Chine, mais les autorités sanitaires n’ont pas précisé ces dernières semaines l’âge des patients décédés.

Début février, la mort du docteur Li Wenliang, un ophtalmologue de Wuhan âgé de 34 ans, avait provoqué un déferlement d’émotion et de colère dans le pays, le médecin faisant figure de martyr de l’épidémie.

M. Li avait en effet été réprimandé par la police après avoir donné l’alerte fin décembre sur la propagation du nouveau virus, avant de le contracter lui-même quelques jours plus tard.

Liu Zhiming, directeur de l’hôpital de Wuchang à Wuhan, est pour sa part décédé mardi matin.

Selon les autorités chinoises, plus de 1700 membres du personnel médical ont été contaminés dans le pays, pour l’essentiel dans la province du Hubei, la plus touchée par l’épidémie et dont Wuhan est la capitale.

Les médecins et infirmiers font face à des pénuries sévères de masques et d’équipements de protection, dans des structures hospitalières débordées par l’afflux de malades, ont indiqué plusieurs d’entre eux à l’AFP.

Certains poursuivent leur travail même après avoir développé des troubles respiratoires, principal symptôme de la maladie.