(Rabat) Le Maroc a lancé la construction d’une usine de fabrication de vaccins anti-COVID-19, qui doit démarrer sa production en juillet prochain et assurer l’autosuffisance vaccinale du royaume, a indiqué jeudi l’agence de presse marocaine MAP.

Publié le 27 janvier
Agence France-Presse

L’inauguration du chantier a été présidée par le roi Mohammed VI à Benslimane, dans la région de Casablanca, la capitale économique du royaume chérifien.  

Baptisée SENSYO Pharmatech, cette usine sera dédiée à « la fabrication et la mise en seringue de vaccins (anti-COVID-19 et autres vaccins) » et disposera de « trois lignes industrielles dont la capacité combinée de production atteindra 116 millions d’unités en 2024 », détaille la MAP.

L’usine nécessitera à terme un investissement d’environ 400 à 500 millions d’euros, précise la même source.

Cette entreprise, en partenariat avec la société suédoise Recipharm, « permettra d’assurer l’autosuffisance du royaume en matière de vaccins et de faire du pays une plateforme de biotechnologie de premier plan », ajoute-t-elle.

L’objectif est de fabriquer entre 2022 et 2025 « la substance active de plus de 20 vaccins et produits biothérapeutiques, dont trois vaccins contre le coronavirus, couvrant plus de 70 % des besoins du royaume et plus de 60 % de ceux de l’Afrique », selon l’agence.

Le Maroc a déjà démarré la production de plus de trois millions de doses de vaccin chinois Sinopharm chaque mois. Cette production mensuelle doit atteindre cinq millions de doses à partir du mois prochain et plus de 20 millions fin 2022.

Avec ses 36 millions d’habitants, le royaume chérifien mise sur sa campagne de vaccination pour enrayer la pandémie : plus de 23 millions de personnes ont reçu une deuxième dose de vaccin, selon le ministère de la Santé.

L’objectif des autorités est d’immuniser 80 % de la population, soit quelque 30 millions de personnes, avec les vaccins Sinopharm et Pfizer/BioNTech.

Si le pic des contaminations au variant Omicron semble avoir été atteint pendant la semaine du 17 au 23 janvier, selon le ministère de la Santé, le gouvernement — sous pression du secteur touristique en faillite pour rouvrir l’espace aérien fermé depuis le 29 novembre —, s’inquiète de la hausse récente des cas en réanimation.

L’état d’urgence sanitaire a été prolongé jeudi jusqu’au 28 février.   

L’Algérie voisine a lancé fin septembre la production locale du vaccin Coronavac, en partenariat avec la firme chinoise Sinovac.