(Tunis) Le député tunisien Yassine Ayari, détenu depuis près de deux mois et en grève de la faim pour dénoncer les poursuites contre des civils par la justice militaire, a été remis en liberté, a indiqué à l’AFP son épouse jeudi.

Agence France-Presse

« Il est sorti de prison hier (mercredi), il va bien même s’il est un peu fatigué et désorienté », a déclaré Cyrine Fitouri, l’épouse de M. Ayari.

En revanche « les charges contre lui ont été maintenues », a-t-elle souligné en précisant que son époux avait cessé sa grève de la faim mardi.

Une quarantaine de sympathisants de la formation politique « Espoir et travail » du député indépendant avaient manifesté le 11 septembre à Tunis et exprimé leur inquiétude pour sa santé, alors qu’il était en grève de la faim pour dénoncer les poursuites intentées contre des civils par la justice militaire.

M. Ayari, député et ex-blogueur, avait été arrêté le 30 juillet et placé en détention en application d’un jugement rendu fin 2018, qui le condamnait à deux mois de prison pour une publication concernant l’armée sur sa page Facebook.

Il a comparu le 11 septembre dans une nouvelle enquête ouverte par la justice militaire concernant trois publications sur Facebook, dans lesquelles il a qualifié de « coup d’État » le coup de force du président Kais Saied.

Depuis le 25 juillet, M. Saied s’est arrogé les pleins pouvoirs, en limogeant le premier ministre, gelant le Parlement et s’adjugeant aussi le pouvoir judiciaire.

Fakhreddine Belgaid, l’un des cofondateurs du mouvement de M. Ayari, avait dit à l’AFP avoir sollicité la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch sur cette affaire.

« Un civil doit être jugé par un tribunal civil, non pas par un tribunal militaire qui est juge et partie », avait-il dit.