(Alger) Un Algérien, policier déserteur visé par un mandat d’arrêt international notamment pour appartenance présumée à « un groupe terroriste », a été remis par l’Espagne aux autorités algériennes, a-t-on appris lundi de source judiciaire et auprès des médias locaux.

Agence France-Presse

Abdellah Mohamed, âgé de 33 ans, a également été interdit d’entrée en Espagne pendant 10 ans, en raison de son appartenance au mouvement Rachad, selon un document d’extradition consulté par l’AFP.

Bête noire du régime, ce mouvement islamo-conservateur établi à Londres a été classé « terroriste » par l’Algérie en mai dernier.

Les chaînes de télévision locales ont diffusé des images montrant Abdellah Mohamed à son arrivée au tribunal, escorté par des policiers de la Brigade de recherche et d’investigation et du Groupement des opérations spéciales de la police chargé de la lutte contre le terrorisme.

L’ex-gendarme, qui avait quitté l’Algérie d’une manière illégale en 2018, y apparaît les mains liées derrière le dos et portant un masque sanitaire.

Selon des médias locaux, Abdellah Mohamed est arrivé en Algérie samedi soir et a comparu lundi matin devant le juge d’instruction qui a ordonné sa mise en détention provisoire.

Il a été expulsé d’Espagne avec une trentaine de migrants, et ils ont tous été transférés en bateau samedi de Almeria (Espagne) vers l’Algérie, a indiqué lundi le quotidien algérien El Watan.  

Un ex-diplomate, un blogueur et un journaliste aussi visés

Un tribunal d’Alger avait lancé le 22 mars des mandats d’arrêt internationaux à l’encontre de quatre activistes établis à l’étranger, accusés notamment d’appartenir à un « groupe terroriste ».

Les personnes visées sont Mohamed Larbi Zeitout, un ancien diplomate résidant au Royaume-Uni, Amir Boukhors, blogueur connu sous le nom d’« Amir Dz », Hichem Aboud, un journaliste, et Abdellah Mohamed.

Selon une source judiciaire, « Abdellah Mohamed se trouve en Algérie et a comparu devant la justice civile en attendant de comparaître devant le tribunal militaire », la Gendarmerie nationale étant liée à l’armée.

L’ancien gendarme va comparaître devant le tribunal militaire pour « désertion », selon El Watan, qui ajoute qu’il fait aussi l’objet d’autres poursuites judiciaires, dont deux liées à sa présumée « appartenance à un groupe terroriste ».