(Tripoli) Le maréchal Khalifa Haftar, qui tente depuis le 4 avril de s’emparer de la capitale libyenne, a annoncé jeudi soir une nouvelle « bataille décisive », appelant ses troupes à avancer vers le centre de Tripoli.  

Agence France-Presse

« L’heure zéro a sonné pour l’assaut large et total attendu par tout Libyen libre et honnête », a déclaré l’homme fort de l’est libyen, dans un discours à la télévision al-Hadath acquise à sa cause.  

En uniforme militaire, le maréchal Haftar a annoncé « la bataille décisive et la progression vers le cœur de Tripoli ».  

« Avancez maintenant, chacun vers son objectif », a-t-il dit à l’adresse de ses troupes.

De leur côté, ses rivaux loyaux au gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, ont affirmé que la situation était « sous contrôle » et qu’ils maintenaient leurs positions au sud de la capitale, où se concentrent les combats depuis le début de l’offensive des forces pro-Haftar.

« Nous sommes prêts à repousser toute nouvelle tentative folle du putschiste Haftar », a déclaré le ministre de l’Intérieur du GNA, Fathi Bashagha, à la télévision Libya al-Ahrar, qualifiant l’annonce faite par Haftar de « nouvelle tentative désespérée ».

Une annonce qui intervient après une « journée de victoires » pour les pro-GNA, a indiqué jeudi à l’AFP le porte-parole des forces du GNA, Moustafa al-Mejii, faisant état de violents combats autour d’Al-Yarmouk, une caserne au sud de Tripoli qui a changé plusieurs fois de camp depuis avril.  

M. al-Mejii a toutefois dit craindre de voir les troupes de Haftar « dans le désespoir, bombarder des quartiers résidentiels. Mais il (Haftar) n’échappera pas à la sanction ».

Après avoir prévu une victoire rapide en annonçant son offensive contre Tripoli, le maréchal Haftar avait aussi promis en juillet une « victoire imminente », sans toutefois que ses promesses ne se traduisent par une percée sur le terrain.  

Depuis le début des combats en avril, plus de 1000 personnes sont mortes et plus de 140 000 ont été déplacées, selon l’ONU.