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2000 élèves privés d'école par des menaces djihadistes au nord de Bamako

Une classe au Mali.... (Photo BENOIT TESSIER, archives REUTERS)

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Une classe au Mali.

Photo BENOIT TESSIER, archives REUTERS

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Agence France-Presse
Bamako

Près de 2000 élèves maliens sont interdits d'école depuis une semaine au nord-est de Bamako en raison de menaces de présumés djihadistes qui exigent l'instauration d'un enseignement exclusivement religieux, a-t-on appris mardi auprès d'enseignants et d'élus locaux.

« Les djihadistes sont venus la semaine dernière à moto dans notre village. Ils ont regroupé tout le monde dans une mosquée », a déclaré sous couvert de l'anonymat à l'AFP un enseignant de Toubakoro, près de Banamba, à 140 km au nord-est de Bamako.

« Les djihadistes armés ont demandé de fermer toutes les écoles où le français est enseigné et désormais d'enseigner le Coran », a-t-il poursuivi, soulignant qu'ils ont « clairement menacé de juger et de punir ceux qui ne vont pas respecter la nouvelle loi ».

Ces présumés djihadistes se réclament du prédicateur radical peul Amadou Koufa, dont le groupe est apparu il y a trois ans dans le centre du Mali, région située à l'est de Banamba, a-t-on indiqué de sources concordantes.

Ils ont proféré les mêmes menaces la semaine dernière dans les localités voisines de Dandougou, Balala et Ngounado, selon des sources contactées par l'AFP.

« Dans les mosquées, ils ont demandé la fermeture des écoles "françaises" », a déclaré à l'AFP Aboubacar Ndiaye, un élu local qui « par mesure de précaution » s'est réfugié à Bamako. « Aujourd'hui, plus de 20 écoles sont fermées dans cinq localités. Ce sont près de 2000 élèves qui ne vont plus à l'école ». « Il y a une panique des populations dans ces localités. C'est la première fois qu'on demande aussi clairement la fermeture des écoles. C'est inquiétant, parce que c'est à moins de 200 km de Bamako ».

Selon une source sécuritaire malienne, « des militaires ont été envoyés à Toubakoro pour assurer la sécurité des populations ».

« C'est vrai, nous avons vu cinquante militaires. Mais pour combien de temps ? », a déclaré un autre élu, pour qui « l'État doit renforcer sa présence sur place ».

Le ministre de la Sécurité, le général Salif Traoré, a annoncé mardi que « face à la persistance des informations faisant état de la fermeture des écoles par des combattants terroristes » dans ce secteur, une patrouille militaire « de grande ampleur » avait débuté le 3 novembre. « Cette opération, qui se poursuit, a permis l'interpellation de suspects, qui ont été mis à la disposition des unités d'enquêtes ».

À l'occasion de la rentrée des classes, le premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga, avait mené le 2 octobre une opération de réouverture d'écoles fermées à cause de l'insécurité près de Mopti (centre). « L'État va renforcer la sécurité pour permettre aux enfants d'aller à l'école. Nous serons présents plus que jamais ».

« À la fin de l'année scolaire, en raison de l'insécurité résultant des menaces et des attaques de groupes extrémistes violents, 735 écoles sont restées fermées », dont 464 dans la région de Mopti, souligne dans son dernier rapport sur le Mali le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Il a été établi « que 1108 écoles avaient fermé leurs portes au moins une fois (pendant 20 jours d'affilée) durant l'année scolaire 2017-18 » privant « 332 400 enfants de scolarité ».

Depuis 2015, les violences intercommunautaires se multiplient dans le centre du pays entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture.




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