Deux personnes sont mortes dans des émeutes qui ont éclaté dans plusieurs prisons en Éthiopie après l'adoption d'une loi accordant l'amnistie à des opposants, ont rapporté mercredi des médias officiels.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Au cours des deux derniers jours, des prisonniers ont tenté de s'échapper en allumant des incendies dans six centres pénitentiaires dans la région d'Amhara, dans le nord, à Addis Abeba et dans des régions du sud de l'Éthiopie, a rapporté la radio-télévision proche du pouvoir éthiopien Fana.

Deux personnes sont mortes dans un incendie ayant eu lieu dans une prison de la ville de Mekele, dans le nord, a ajouté cette source sans toutefois préciser si l'incendie était lié aux émeutes.

Ces émeutes vont contre « la Constitution et vont entraver la paix et l'esprit d'unité du peuple », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Kassahun Gofe, au sujet des émeutes, cité par Fana.

Ces violences surviennent deux jours après l'adoption par le Parlement d'une amnistie pour des dissidents politiques en Éthiopie, dont plusieurs milliers ont récemment été libérés dans le cadre des réformes menées par le premier ministre, Abiy Ahmed.

« La loi accorde l'amnistie aux individus et aux groupes qui font l'objet d'une enquête ou qui ont été condamnés pour trahison, atteinte à l'ordre constitutionnel ou lutte armée », a rapporté Fana.

Ces émeutes sont liées à un manque de « compréhension » de la loi d'amnistie, a déclaré M. Kassahun sans donner davantage de précisions.

M. Abiy Ahmed a été encensé pour ses projets visant à bousculer le statu quo au sein d'un pays critiqué de longue date par les défenseurs des droits de la personne pour la brutalité de ses forces de police, l'emprisonnement de ses dissidents et l'absence d'ouverture de son espace politique.

Depuis son arrivée au pouvoir en avril, outre la libération de milliers de prisonniers, dont certains opposants de premier plan, le premier ministre a annoncé des réformes économiques et mené un spectaculaire processus de paix avec l'Érythrée.

En juillet, Fana avait rapporté que des directeurs de prison avaient été licenciés pour avoir « échoué à assumer leurs responsabilités et à respecter les droits humains des prisonniers. »

Récemment, l'ONG Human Rights Watch a dénoncé des cas de torture, de viol et de privation de nourriture au sein d'une prison de la région de Somali, une zone instable située dans l'est du pays.

Ces réformes contrastent avec la politique menée jusqu'ici par l'EPRDF, la coalition au pouvoir, qui occupe avec ses alliés tous les sièges du Parlement.