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Tunisie: des associations religieuses rejettent des réformes sociétales

La présidente de la Commission des libertés individuelles et... (PHOTO FETHI BELAID, Agence France-Presse)

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La présidente de la Commission des libertés individuelles et de l'égalité, Bochra Belhaj Hmida (à droite), lors de la conférence de presse du 20 juin dévoilant un rapport qui propose notamment l'abolition de la peine de mort, l'égalité dans l'héritage et la dépénalisation de l'homosexualité.

PHOTO FETHI BELAID, Agence France-Presse

Agence France-Presse
TUNIS

Des associations religieuses tunisiennes ont rejeté le 21 juin des réformes proposées par une commission présidentielle portant notamment sur l'égalité dans l'héritage et la dépénalisation de l'homosexualité, les jugeant « dangereuses » et contraires aux préceptes de l'islam.

Le 20 juin, la Commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe), créée en août 2017 à la suite d'une décision présidentielle, a présenté des propositions de réformes, comme l'abolition de la peine de mort ou du délai de viduité imposé aux femmes divorcées ou veuves.

« Nous refusons ces réformes contraires aux préceptes de l'islam et du Coran, et de ses textes catégoriques », a réagi dans un communiqué un collectif d'associations religieuses, des universitaires et des avocats pro-islamistes, membres de la Coordination nationale pour défendre le Coran et la Constitution.

Ce collectif a appelé le président tunisien Béji Caïd Essebsi à « retirer ce projet inconstitutionnel et dangereux ». Selon lui, ces propositions de réformes ont été prises « sous pression du Parlement européen » et « portent atteinte à la famille, menacent son entité et représentent une violation à la souveraineté de l'État. »

Dans une déclaration à la presse, Noureddine Khadmi, imam et universitaire, a affirmé que le rapport de la Colibe n'était « pas basé sur une consultation élargie ni sur une coordination avec des institutions scientifiques, comme l'université (islamique) de la Zitouna, ou des institutions de l'État, comme Dar al-Iftaa », autorité religieuse suprême en Tunisie.

Appelant le mufti de la République à réagir, il a mis en garde contre « les dangers de ce rapport et ses répercussions sur l'unité de l'État et l'harmonie de la société ».

Pour l'avocat Fethi Laayouni, « ce rapport est une attaque aux [...] principes de l'identité arabo-musulmane du peuple tunisien ».

La Colibe, elle, assure que son approche « n'est pas contraire à l'essence de l'islam. » « Personne n'a le monopole de l'interprétation du Coran, nous avons opté pour une lecture progressiste », avait dit à l'AFP Iqbal Gharbi, islamologue et membre de la commission.

Les réformes sociétales proposées par cette commission présidentielle ont été saluées par des défenseurs des droits de la personne.




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