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Nigeria: les violences islamistes ont fait 1000 morts cette année

Le bain de sang s'est surtout intensifié dans... (Photo REUTERS)

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Le bain de sang s'est surtout intensifié dans le Nord Est du Nigeria depuis le début de l'année.

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Agence France-Presse
LAGOS

Plus de 1000 personnes ont déjà péri cette année dans les trois États du nord-est du Nigeria les plus durement touchés par les violences perpétrées par le groupe islamiste Boko Haram, selon le principal organisme de secours du pays.

Les chiffres de l'agence nationale de gestion des situations d'urgence (NEMA) sont une nouvelle illustration du regain de violence dans les États de Borno, Adamawa et Yobe ces derniers mois.

Selon la NEMA, qui a donné une conférence à Abuja mardi, la population de ces trois États est «prise au milieu d'un conflit qui s'intensifie» et qui dure depuis 2009.

«Le bilan humain: plus de 1000 morts et 249 446 déplacés entre janvier et mars 2014 (...) un habitant sur cinq ne vit pas dans sa propre maison» dans cette région, a ajouté l'organisation.

Le bain de sang s'est intensifié dans le Nord Est depuis le début de l'année, avec notamment une attaque dans un pensionnat de l'État de Yobe, qui a beaucoup choqué l'opinion publique au Nigeria et à l'étranger, où des dizaines d'étudiants ont été massacrés dans leur sommeil.

Un état d'urgence a été imposé en mai dernier dans ces trois États, suivi d'une lourde intervention de l'armée, ce qui a obligé les militants islamistes à se retrancher dans les zones rurales, où les villageois sont désormais en première ligne des attaques.

Selon la NEMA, quelque 3,2 millions de personnes - près d'un tiers de la population de cette région - sont affectés par cette crise, qui touche avant tous les femmes, les enfants et les personnes âgées.

Environ 244 000 déplacés ont trouvé refuge chez des amis ou dans leur famille alors que 5000 autres vivent dans des camps d'accueil.

Alors qu'environ 1,5 million de personnes requièrent une «aide immédiate», la région a besoin «d'une augmentation rapide et significative» d'aide humanitaire, avec notamment un approvisionnement en eau, en nourriture et des soins médicaux, dit la NEMA.

Les autorités nigérianes sont très critiquées pour ne pas avoir réussi à mettre fin à l'insurrection de Boko Haram, qui a fait des milliers de morts dans le Nord depuis 2009.

L'armée maintient cependant toujours le même discours, affirmant gérer la situation et soutenant que la montée des violences, ces dernières semaines, n'est que l'illustration de la débâcle du groupe extrémiste, qui, affaibli, jouerait son va-tout.

Boko Haram revendique la création d'un État islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman - alors que le Sud est chrétien en majorité.

Human Rights Watch avait déjà annoncé le 14 mars un bilan de 700 morts depuis le début de l'année dans cette région à cause de l'insurrection islamiste.

Selon le «Nigeria security tracker», qui répertorie toutes les morts violentes au Nigeria pour des motifs politiques, économiques ou sociaux, 650 personnes ont été tuées dans cette région entre le 5 janvier et le 23 février.




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