Le président du mouvement rebelle congolais M23 a déclaré à l'AFP avoir rencontré samedi à Kampala le président de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila «pour des négociations directes» dont les modalités sont à définir.

Publié le 24 nov. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Des négociations directes sont prévues entre nous (le M23) et Kabila, et demain (dimanche) nous allons discuter de tout ça. Demain on va parler sur les modalités de ces négociations et sur les points» qui seront à l'ordre du jour, a déclaré Jean-Marie Runiga, interrogé au téléphone à Kampala.

Des chefs d'Etat africains réunis samedi en sommet à Kampala sur le conflit dans l'est de la RDC ont demandé au Mouvement du 23 mars (M23) de se retirer de Goma «d'ici 48 heures», assurant qu'en échange Kinshasa serait prêt à «écouter, évaluer et prendre en compte les revendications légitimes» de la rébellion.

Interrogé sur cet ultimatum de 48H laissé au M23 pour quitter Goma, le chef rebelle a déclaré ne pas en avoir été officiellement informé. Cependant, il a souligné que «se retirer de Goma ne peut être que le fruit de ces négociations» entre son mouvement et le président Kabila.

Considérer le retrait de Goma comme «préalable» aux négociations, «ce serait ne pas chercher à vouloir régler le problème du Congo», a-t-il estimé, avant d'avertir que le M23 se défendra en cas d'attaque de l'armée congolaise sur ses positions.

D'après lui, les pourparlers devraient concerner les accords de paix du 23 mars 2009: le M23 demande leur pleine application, mais Kinshasa affirme avoir rempli sa part du contrat. La rébellion veut également «parler d'autres questions de fond qui concernent la vie nationale».

Jean-Marie Runiga a dit n'avoir pas été «invité» au sommet mais que samedi après-midi, après la rencontre, il a parlé directement avec Joseph Kabila, la médiation étant assurée par le  président ougandais Yoweri Museveni. C'est là que le principe de négociations «directes» aurait été acté.

«L'ambiance était tendue mais après, chacun a dépassionné le débat parce que ce ne sont pas des problèmes personnels (qu'il faut régler), mais les problèmes du pays. Je crois que la réunion s'est très bien passée», a jugé Jean-Marie Runiga.