Au moins 14 personnes sont mortes lors du crash d'un avion cargo Antonov congolais sur un quartier d'habitations de Pointe-Noire, la capitale économique du Congo (sud), sous le choc, selon un bilan provisoire qui pourrait s'alourdir.

Publié le 21 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous venons de retirer 14 corps des lieux de l'accident», a affirmé à l'AFP ce gendarme précisant que les équipes de secours continuaient à travailler sur place.

De même source, l'avion de la Trans Air Congo (TAC) transportait quatre membres d'équipage --un pilote, un copilote et deux mécaniciens-- mais aussi cinq «clandestins».

Les Antonov ne sont plus autorisés à prendre des passagers après des accidents par le passé mais il arrive que certains équipages permettent à des familiers ou des passagers payants clandestins de monter à bord.

Selon des témoins joints par l'AFP, l'avion a rasé «au moins 20 parcelles (maisons)».

«L'avion s'est écrasé (à Pointe-Noire) à l'atterrissage», a déclaré Michel Ambendé, directeur général de l'agence nationale de l'aviation civile (Anac) congolaise.

«Il a amorcé l'atterrissage après avoir eu l'autorisation de la tour de contrôle. Les dégâts matériels sont bien là mais on se réserve pour l'instant de parler de morts», a-t-il poursuivi.

Selon une source aéroportuaire qui ignorait ce que transportait l'appareil, «l'avion est tombé sur un quartier populaire».

«L'avion est tombé entre Roy et Kitoko, deux petites zones d'habitation qui font partie du quartier Mvou Mvou», un quartier populaire de Pointe-Noire, a affirmé Serge Bakala, un enseignant d'anglais local.

L'avion s'est écrasé dans un périmètre où on trouve, entre autres, le siège de la mairie de l'arrondissement, une chaîne de télévision privée Télé pour tous (TPT), une école privée regroupant les cycles primaire et secondaire, puis un stade mixte, non couvert, très fréquenté.

«Je vois la fumée qui monte sur le lieu de l'accident. Je vois des ambulances qui passent. Je ne sais pas si elles transportent des blessés ou des cadavres», a déclaré à l'AFP Émile Mboussa, 39 ans, un habitant de Pointe-Noire.

D'importants embouteillages se sont formés autour du lieu du crash, selon un témoin joint par l'AFP, qui a affirmé que la ville était «sous le choc, c'est apocalyptique». De nombreux badauds ont également afflué sur les lieux.

Capitale économique du Congo, Pointe-Noire dont la population avoisine un million d'habitants dispose d'un port important par lequel transite la majorité des marchandises importées du pays mais est aussi le point de sortie du pétrole congolais.

En juin 2010, onze personnes étaient mortes dans le crash d'un avion à environ 30 km de la ville minière de Yangadou. L'appareil qui avait décollé de Yaoundé, transportait Ken Talbot, un Australien richissime et responsable de la compagnie minière australienne Sundance Resources, ainsi que cinq Australiens, deux Français, deux Britanniques et un Américain.

En août 2009, cinq membres d'équipages ukrainiens et un congolais avaient péri dans le crash d'un avion cargo Antonov 12 sur un cimetière de la périphérie de Brazzaville.