Le MEND, principal groupe rebelle du sud du Nigeria, actif dans la région pétrolifère du delta du Niger, a affirmé mardi avoir enlevé sept employés nigérians lors de l'attaque d'une plateforme du groupe américain ExxonMobil et a prévenu d'une action «majeure» prochainement.

Mis à jour le 17 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND), dans un communiqué, «confirme que l'attaque de l'installation pétrolière d'ExxonMobil d'Ibeno, dans l'État d'Akwa Ibom, a été menée par ses combattants».

«Sept employés locaux ont été enlevés», ajoute le groupe armé, en référence apparente à l'assaut lancé ce week-end au large des côtes du Nigeria contre une plateforme du géant pétrolier américain, annoncé lundi par la compagnie.

Une filiale nigériane d'ExxonMobil avait indiqué lundi que «l'une de ses installations off-shore (avait) été attaquée par des hommes armés non identifiés dimanche soir» dans l'État d'Akwa Ibom, sans donner plus de détail.

Selon le syndicat Pengassan, huit personnes ont été enlevées au cours de cette action, dont sept de ses membres et un membre de la direction de la compagnie.

La région du delta du Niger est le théâtre de violences récurrentes, menées par des groupes armés affirmant lutter pour une meilleure répartition de la manne pétrolière dans cette région très pauvre.

Enlèvements et attaques d'installations pétrolières y sont fréquents et avaient entraîné l'an dernier une diminution de la production de brut du Nigeria, l'un des principaux pays producteurs de pétrole.

Dans son communiqué, le MEND prévient que, dans les prochaines semaines, «une opération majeure affectera simultanément les installations pétrolières dans le delta».

Il a également fait état d'une opération lundi de l'armée nigériane contre l'un de ses camps, dans l'État de Rivers.

L'armée nigériane a lancé en fin de semaine dernière une mise en garde aux mouvements armés opérant dans le delta. Évoquant les «enlèvements, abordages illégaux sur des plateformes pétrolières et autres actes de brigandage», le chef d'état-major, le général Oluseyi Petirin, avait averti: «Ces gens sont des criminels et ils seront traités comme tels».

Au cours des dernières semaines, les militaires ont localisé et détruit des dizaines de camps installés dans des criques du delta où les groupes armés «ne seront plus tolérés», a ajouté le général. Les forces armées ont ensuite annoncé 449 arrestations depuis la fin septembre.

Le MEND a dénoncé mardi «les bombardements et mitraillages sans distinction» par l'armée des communautés vivant dans les criques et les marais du delta où se cacheraient des rebelles et a souhaité «attirer l'attention de la communauté internationale» sur ces violences.

Le groupe a également indiqué qu'il avait été contraint de déplacer des otages étrangers qu'il détient dans l'un de ses camps, «des roquettes tirées par l'armée étant tombées très près» d'eux.

Le MEND avait revendiqué vendredi l'enlèvement de sept étrangers - deux Américains, deux Français, deux Indonésiens et un Canadien - au cours de l'assaut le 8 novembre contre une plateforme pétrolière et un bateau logistique, au large des côtes nigérianes.

Le MEND avait aussi revendiqué le double attentat d'Abuja le 1er octobre qui a tué 12 personnes lors des fêtes de commémoration de l'indépendance.