Trois Casques bleus indiens de la Mission l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) ont été tués et sept blessés mercredi à l'arme blanche dans leur camp à Kirumba (est, province du Nord-Kivu) par de présumés miliciens.

Mis à jour le 19 août 2010
David Youant AGENCE FRANCE-PRESSE

Une soixantaine d'hommes, «probablement des miliciens (congolais) Maï-Maï», ont attaqué vers 1H50 (19H50 HNE, mardi) le contingent indien basé à Kirumba, localité située à environ 140 km au nord de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, a indiqué l'armée indienne dans un communiqué diffusé à New Delhi.

«Profitant de l'obscurité», cinq d'entre eux, vêtus en civil et «apparemment inoffensifs» se sont d'abord présentés à la garde pour «demander de l'aide», selon la même source.

«Pendant qu'ils échangeaient avec le soldat de garde, un groupe d'environ 50 à 60 rebelles» a attaqué le poste de contrôle, tuant sur le coup trois soldats et en blessant sept, au cours de cette agression qui a duré cinq minutes, a précisé l'armée indienne.

Le commandant de la 8e région militaire des Forces armées de la RDC (FARDC), le général Vainqueur Mayala, a souligné que les assaillants «ont utilisé des couteaux et des machettes» pendant leur incursion dans le camp onusien. Il dit n'avoir «aucune idée» du mobile.

«La Monusco est quand même une institution, ces gens-là (les Casques bleus) montent une garde rigoureuse, alors je ne vois pas comment les agresseurs sont entrés avec des poignards», a commenté le général Mayala.

D'après le chef de la cité de Kirumba, Egide Karafifi, les agresseurs, au nombre de 25, portaient également des coiffes en raphia sur la tête et «chantaient des chants Maï-Maï (eau, en swahili)».

Le patron de la Monusco, Roger Meece, a déploré la «perte très triste» des trois soldats indiens, affirmant que la mission continuerait ses efforts «contre les menaces des groupes armés».

«Je ne peux que répéter le choc que j'ai ressenti, la tristesse pour la perte de nos soldats», a déclaré M. Meece.

«Je vous assure que nous allons continuer nos efforts contre les menaces posées par les différents groupes armés, y compris le groupe qui a fait cette attaque ce matin», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a tout comme la France, condamné l'attaque et appellé «le gouvernement de la RDC à lancer immédiatement une enquête et à assurer que ses auteurs soient rapidement identifiés et traduits en justice».

«Ce crime ne doit pas rester impuni», a estimé le porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero.

Un peu plus tard, le Conseil de sécurité de l'ONU a également «condamné cette attaque dans les termes les plus forts», dans une déclaration diffusée par sa présidence, assurée ce mois-ci par la Russie.

Fin mai, dans cette même région, un Casque bleu indien avait été tué par balle par de présumés rebelles hutu rwandais qui venaient d'attaquer des soldats congolais sur une route traversant le Parc national des Virunga, à 80 km au nord de Goma.

Anciens supplétifs des FARDC qui les traquent actuellement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, les Maï-Maï ont des croyances qui reposent essentiellement sur la magie (ils s'aspergent par exemple d'un breuvage avant les combats pour se «protéger» des balles).

L'est de la RDC, vaste pays d'Afrique Centrale, est instable depuis plus d'une décennie en raison de la présence de groupes armés qui y commettent régulièrement pillages, viols et assassinats.

Avec un effectif de près de 18 000 hommes, la Monusco est l'une des plus importantes missions de l'ONU dans le monde.