Le meurtre d'un opposant au Rwanda a provoqué l'indignation de la communauté internationale, alors que s'ouvre mardi la campagne pour l'élection présidentielle dans ce pays.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Voici les derniers événements qui ont tendu le climat politique au Rwanda ces cinq derniers mois:

- 19 février : un mort et une trentaine de blessées dans trois attaques à la grenade à Kigali. Les autorités attribuent ces attaques aux miliciens Interahamwe ayant participé au génocide de 1994, puis à l'ex-chef d'état-major de l'armée, le général Faustin Kayumba Nyamwasa exilé en Afrique du Sud.

- 13 avril: suspension pour six mois des deux principaux hebdomadaires indépendants, Umuseso et Umuvugizi, accusés notamment d'incitations à la violence.

- 20 avril: l'armée annonce l'arrestation et la suspension du général Emmanuel Karenzi Karake pour mauvaise conduite et du général Charles Muhire pour corruption et abus de pouvoir.

- 21 avril: l'opposante Victoire Ingabire, présidente d'un parti non encore autorisé, les Forces démocratiques unifiées, est arrêtée trois mois après son retour d'exil. Poursuivie pour collaboration avec une organisation terroriste et négation du génocide des Tutsi, Mme Ingabire, qui avait annoncé sa candidature à la présidentielle du 9 août, est relâchée le lendemain. Elle est depuis sous contrôle judiciaire.

- 15 mai : un mort et 28 blessés dans deux attentats à la grenade à Kigali.

- 19 juin: le général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien camarade de combat de Paul Kagame devenu un de ses critiques les plus virulents, est blessé par balle à Johannesburg. Son épouse accuse le pouvoir rwandais, qui dément catégoriquement.

- 24 juin : le journaliste Jean Léonard Rugambage, qui avait mis en cause les autorités rwandaises dans cette tentative d'assassinat, est tué par balles à Kigali. La police interpelle deux suspects, qui auraient agi pour venger la mort d'un proche lors du génocide de 1994.

- 24 juin: arrestation d'un opposant, l'avocat Bernard Ntaganda, qui tentait de manifester pour exiger un report de la présidentielle. La justice a maintenu depuis sa détention «pour préserver sa sécurité personnelle et celle de l'État».

- 1er juillet: l'Afrique du sud met en cause des «agents» agissant pour un «pays étranger» non identifié dans la tentative d'assassinat du général Nyamwasa. La ministre rwandaise des Affaires étrangères convoque l'ambassadeur d'Afrique du Sud pour protester contre ces «insinuations».

- 8 juillet: arrestation de la directrice du journal privé Umurabyo, Agnès Uwimana, accusée notamment d'incitation à la désobéissance civile, outrage au chef de l'État et négation du génocide des Tutsi de 1994.

- 14 juillet : le corps quasi-décapité de l'opposant André Kagwa Rwisereka, vice-président du Parti démocratique vert (non enregistré) est retrouvé dans un marais du sud du Rwanda. La police annonce le lendemain l'arrestation d'un suspect.