Militant le plus célèbre de la cause anti-apartheid et premier président noir d'Afrique du sud, Nelson Mandela fêtait dimanche ses 92 ans en famille, en raison de son grand âge, alors que le monde s'inspirait de ce symbole de la paix et du pardon.

AGENCE FRANCE-PRESSE

De plus en plus frêle, le prix Nobel de la paix limite ses apparitions publiques mais il n'a pu résister à venir saluer le 11 juillet les supporteurs de la finale du Mondial-2010 de football à Johannesburg. À bord d'une voiturette, il est apparu décontracté et souriant aux côtés de son épouse Graça Machel.

Une semaine plus tard, cette «icône mondiale de la réconciliation» selon l'archevêque anglican Desmond Tutu, a rompu avec son habitude de fêter son anniversaire avec les villageois de Qunu (sud-est), où il a grandi, pour célébrer ses 92 ans en privé.

La famille de Nelson Mandela, récemment endeuillée par la mort de son arrière-petite-fille dans un accident de voiture le jour du coup d'envoi du Mondial, l'a rejoint dans sa maison de Johannesburg.

Mais la journée a été marqué à travers le monde par diverses initiatives, le 18 juillet ayant été déclaré par l'ONU «Journée internationale de Nelson Mandela» pour commémorer sa contribution à «la promotion d'une culture de paix».

Né le 18 juillet 1918 dans la région du Transkeï (sud-est), son père le nomme Rolihlahla, «celui par qui les problèmes arrivent», en xhosa. Un instituteur y adjoindra Nelson. De fait, Mandela manifeste très tôt un esprit rebelle, se faisant exclure de l'université noire de Fort Hare pour un conflit sur l'élection de représentants étudiants.

À Johannesburg, l'apprenti avocat, amateur de femmes et de boxe, s'engage au sein du Congrès national africain (ANC) et fonde avec d'autres la Ligue de la jeunesse de l'ANC.

Face à un régime qui institutionnalise l'apartheid en 1948, il prend les rênes du parti. Maintes fois arrêté, Mandela est jugé une première fois pour trahison et acquitté en 1961.

Un an plus tard, il préside au passage à la lutte armée de l'ANC, interdit en 1960. Arrêté, il est jugé avec le noyau dirigeant de l'ANC pour sabotage et complot contre l'État lors du procès de Rivonia (1963-64).

Mandela est condamné à la prison à vie, mais il a fait entendre sa profession de foi: «Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales (...) C'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir».

Depuis ses geôles, notamment l'île-prison de Robben Island au large du Cap (sud-ouest), Mandela inspirera ses camarades. A partir de 1985, le régime d'apartheid étranglé par les sanctions internationales et à l'inlassable lutte interne, entame des approches secrètes.

Le 11 février 1990, le «détenu 46664» est libéré et apparaît aux côtés de sa deuxième épouse Winnie. Il poursuit immédiatement les pourparlers.

Le succès de la transition, négociée avec le dernier président de l'apartheid Frederik de Klerk, vaudra aux deux hommes le prix Nobel de la Paix en 1993.

Triomphalement élu au premier scrutin multiracial, le 27 avril 1994, Mandela affiche sa volonté de bâtir une «Nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et le monde». Adulé par les Noirs, il gagne peu à peu l'affection de Blancs médusés par son absence d'amertume.

En 1998, le jour de ses 80 ans, «Tata» (Grand-Père), séparé de Winnie, épouse Graça Machel, la veuve de l'ancien président mozambicain, de 27 ans sa cadette. Un an plus tard, il quitte la présidence et se retire de la vie publique.

Loyal à l'ANC, il évite de prendre position en politique, sauf en matière de lutte contre le sida. Alors que la maladie est tabou, il organise en 2003 le premier d'une série de concerts mondiaux. Il annonce publiquement, deux ans plus tard, que son fils en est mort.