Une offensive lancée depuis fin juin par l'armée congolaise contre des rebelles ougandais dans l'est de la RD Congo a provoqué le déplacement massif de plus de 37 000 personnes, a-t-on appris vendredi après du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous sommes à 37 000 déplacés (recensés), éparpillés un peu partout dans la région, notamment dans les localités de Oïcha et Eringeti, un peu plus au nord de Beni», chef-lieu du territoire du même nom dans la province du Nord-Kivu (est), a affirmé à l'AFP un responsable du HCR en RDC, sous couvert d'anonymat.

Ces déplacés fuient des combats entre les rebelles de l'armée de libération de l'Ouganda (ADF/NALU) et les Forces armées de la RDC (FARDC), qui ont lancé une offensive le 26 juin.

En début de semaine, le nombre de déplacés était estimé par l'ONU à quelque 20 000, dans une zone non loin de la frontière avec l'Ouganda.

«Nous sommes en train de prendre les dispositions pour leur apporter l'assistance nécessaire», a ajouté le responsable du HCR.

Un porte-parole des FARDC, le major Sylvain Ekenge, a confirmé à l'AFP la poursuite des opérations militaires vers les massifs du Ruwenzori, qui s'étendent de part et d'autre de la frontière RDC/Ouganda, et où les rebelles se seraient retranchés, selon lui.

«On est à plus de 30 ADF/NALU -Congolais et Ougandais- tués et 9 capturés depuis le début de l'opération» contre 6 FARDC tués, a affirmé l'officier, estimant ces rebelles à «moins de 800 éléments, dont la grande majorité sont des Congolais».

Il n'était pas possible de confirmer ces chiffres de source indépendante.

L'ADF a combattu les forces régulières ougandaises dans la région de Rwenzori, surtout entre 1996 et 2001, au nom de l'égalité des droits pour les musulmans ougandais.

Après des combats qui ont déplacé des dizaines de milliers de personnes, le mouvement rebelle a finalement été repoussé vers la RDC.

L'ADF a tenté à plusieurs reprises depuis fin 2008 d'entrer en négociations avec le pouvoir ougandais, mais ce dernier a émis des doutes sur la sincérité de cette offre. L'ADF avait menacé de relancer les hostilités si ses appels au dialogue demeuraient sans réponse.