(Givatayim) À Givatayim, proche banlieue de Tel-Aviv qui a essuyé dans la nuit de mardi à mercredi le premier tir de roquette de son histoire, les riverains ont échappé au pire, mais tremblent encore devant l’ampleur des dégâts.

Alexandra VARDI Agence France-Presse

Plus de 1000 roquettes ont été tirées par des groupes armés palestiniens de la bande de Gaza vers Israël depuis lundi soir, selon l’armée israélienne. Et le mouvement islamiste Hamas qui contrôle l’enclave a affirmé en avoir lancé des centaines vers la métropole côtière Tel-Aviv.  

« Vers 20 h 45 (mardi), les sirènes ont retenti et j’ai entendu des “boums” très proches et très forts les uns après les autres. Je suis sortie dans la cage d’escalier et j’ai tout de suite appelé ma fille qui était allée courir », raconte Galit Bialobopolo, 50 ans.  

Une roquette est tombée sur l’immeuble en face de chez Mme Bialobopolo, mais le souffle de l’explosion s’est fait ressentir jusque dans son appartement, très endommagé, a constaté une équipe de l’AFP.

« Toutes les fenêtres de chez moi ont explosé et tous les murs sont fissurés », constate-t-elle, encore sous le choc.  

C’est la première fois qu’un missile tombe à Givatayim, explique Adi Sagi, porte-parole de la municipalité, précisant que six personnes ont été légèrement blessées dans cette banlieue tranquille et verdoyante de Tel-Aviv.

Jusqu’alors, le centre d’Israël était plutôt épargné par les fréquents tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis près de 15 ans, qui tombent plutôt dans le sud du pays ou sont interceptées avant par le système de défense anti-aérien de l’armée.

Mercredi matin, Omer, 27 ans, contemple avec désolation les morceaux de verres qui jonchent le sol de sa rue, mais surtout les appartements de l’immeuble d’en face complètement ravagés.

« J’ai peur pour les prochains jours », confie le jeune homme à l’allure sportive.

« Traumatisant »

Lorsque les sirènes ont retenti, Omer et son colocataire ont vérifié que tout le monde allait bien dans son immeuble avant de se réfugier dans l’abri anti-bombes du bâtiment.  

« Il y a une dame âgée qui vit seule, on l’a descendue dans l’abri », explique-t-il. « On a entendu des enfants et des mères crier. C’est traumatisant, je ne réalise pas encore ».

Mardi soir, le Hamas avait prévenu qu’il allait frapper durement l’État hébreu après la destruction par l’aviation israélienne d’un immeuble de Gaza où se trouvaient des bureaux de cadres du mouvement islamiste. Après une frappe sur un autre immeuble de Gaza, le groupe a riposté avec une salve de roquettes vers Tel-Aviv.

Depuis lundi, cinq personnes ont été tuées dans les tirs de roquettes sur Israël et des dizaines d’autres blessées, selon la police et les services de secours. À Gaza, au moins 53 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes, dont 14 enfants, d’après les autorités locales.

La flambée de violences, la pire des dernières années, n’a cependant pas de quoi impressionner Shai Amir, qui se souvient des missiles tirés par l’Irak sur Israël pendant la guerre du Golfe en 1991.  

« On était avec des masques à gaz », se rappelle l’homme aujourd’hui âgé de 46 ans et alors adolescent dans un kibboutz du centre d’Israël.

« Bien sûr il faut continuer de faire attention et descendre aux abris », dit cet habitant de Givatayim. « Mais c’est notre réalité et je continue de vivre, je n’ai pas le choix, c’est chez moi ici ».

Pour mettre un terme à cette situation, il n’existe pas d’autre option, selon lui, que d’entamer des discussions politiques avec l’« ennemi » palestinien du Hamas.

« Les gens de là-bas (à Gaza) et d’ici doivent pouvoir vivre en paix », estime-t-il. « Et ça, ça relève de la responsabilité des gouvernements ».