(Pékin) La Chine mène lundi une campagne massive de dépistage dans une importante ville portuaire après la découverte de six cas de COVID-19, tandis que les pays européens prennent des mesures drastiques face à une nouvelle flambée des cas de contamination.

Sébastien RICCI
Agence France-Presse

Les neuf millions d’habitants de la métropole de Qingdao seront soumis à ces tests dans les cinq jours, après la découverte dimanche de six cas d’infection, alimentant les craintes d’une résurgence de l’épidémie.

Selon les autorités sanitaires locales, toutes les personnes contaminées semblent avoir un lien avec un hôpital de la ville qui traite des patients de la COVID-19. Mais le foyer d’infection n’est pour le moment pas connu.

La découverte a entraîné dans la foulée le dépistage de quelque 143 000 personnes pour tenter d’identifier les cas contact.

Le pays asiatique, où le nouveau coronavirus a fait son apparition fin 2019, assure avoir depuis plusieurs mois endigué l’épidémie sur son sol grâce à de stricts contrôles, au port du masque généralisé, aux mesures de confinement et aux applications de traçage.

Depuis son apparition en Chine, la pandémie a fait au moins 1 075 493 morts dans le monde selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles lundi matin.  

Face à un regain de cas, le Royaume-Uni, pays le plus durement touché d’Europe avec plus de 42 800 morts, se prépare à durcir les restrictions, après avoir enregistré dimanche près de 13 000 nouveaux cas.

Boris Johnson doit ainsi annoncer dans l’après-midi un nouveau système avec trois niveaux d’alerte qui déterminera les mesures à appliquer dans les régions anglaises selon la propagation du nouveau coronavirus.

Le premier ministre britannique s’exprimera à la Chambre des communes, la chambre basse du parlement, avant de s’adresser à la nation lors d’une conférence de presse télévisée.

Le nouveau système d’alerte prévoit de diviser l’Angleterre en différents niveaux d’alerte, « moyen », « élevé » et « très élevé », selon la diffusion du virus, ce qui déterminera les mesures à appliquer localement.

« C’est un moment critique et il est absolument vital que chacun suive les directives claires que nous avons données pour aider à contenir le virus », a déclaré un porte-parole de Downing Street.

« Alerte maximale »

En France, deux nouvelles grandes villes, Toulouse et Montpellier dans le Sud vont être placées à partir de mardi en « alerte maximale », ont annoncé les autorités.

Les nouvelles contaminations (plus de 16 000 au cours des dernières 24 heures) ne cessent d’augmenter, de même que les admissions en réanimation (1483 patients dimanche, un record depuis mai).

Le premier ministre Jean Castex n’a pas exclu lundi de procéder à des reconfinements dans certaines régions, estimant que « rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux ».  

Et deux régions espagnoles frontalières de la France, la Catalogne et la Navarre, vont renforcer leurs restrictions à partir de mardi.  

Les réunions seront notamment limitées à six personnes en Navarre, tandis que bars et restaurants vont devoir fermer à 22 h. Cinémas, théâtres et librairies devront réduire leur fréquentation à 30 % et les supermarchés à 40 %.

En Catalogne, les autorités ont appelé les entreprises à encourager le télétravail et les universités à éviter les cours présentiels.

En revanche, l’Italie, premier pays touché en Europe, envisage d’alléger son protocole sanitaire anti-COVID-19 en réduisant notamment la quarantaine à dix jours.

Au total, plus de 37,4 millions de cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dont au moins 25 827 919 sont guéris, selon un bilan établi par l’AFP lundi.

L’Inde a franchi dimanche le seuil des 7 millions de cas, un chiffre qui se rapproche de celui atteint par les États-Unis.

Trump « immunisé » ?

Mais les États-Unis restent le pays le plus endeuillé, avec plus de 214 000 décès, et 7,7 millions de cas, dont Donald Trump lui-même. Le président américain, 74 ans, s’est déclaré dimanche « immunisé » contre la COVID-19, après avoir été hospitalisé la semaine dernière.

« Il semble que je sois immunisé, pour – je ne sais pas – peut-être une longue période, peut-être une courte période, peut-être pour la vie. Personne ne sait vraiment, mais je suis immunisé », a-t-il déclaré.

Il entame lundi un marathon de rassemblements avec l’espoir de rattraper son retard sur Joe Biden d’ici l’élection du 3 novembre.  

La question de l’immunité face à la COVID-19 reste cependant entourée de nombreuses inconnues : on ne connaît pas avec précision le degré de protection qu’offrent les anticorps ni la durée d’une éventuelle immunité.  

Et une nouvelle étude a révélé lundi que le coronavirus à l’origine de la pandémie de COVID-19 peut, dans un milieu frais et sombre, survivre jusqu’à 28 jours sur des surfaces telles que des téléphones et billets de banque.

Selon une étude de l’agence scientifique nationale australienne (CSIRO), les chercheurs ont constaté que plus les températures sont chaudes et plus le taux de survie du SARS-CoV-2 diminue.