(Rome) Le prix Nobel de la paix attribué vendredi au Programme alimentaire mondial (PAM) est « un appel à l’action », a estimé son directeur exécutif, l’Américain David Beasley, depuis le Niger où il était en mission.  

Agence France-Presse

« C’est un appel à l’action, parce que le Comité du prix Nobel de la paix reconnaît que la famine dans le monde est une cause majeure des conflits et qu’énormément de gens sont en train de mourir de faim », a déclaré M. Beasley au cours d’un point de presse à Niamey.  

« C’est un appel à l’action à nos donateurs, aux milliardaires, à tous ceux qui veulent aider », a plaidé le patron de l’agence onusienne, qui compte 17 000 employés dans le monde et qui nourrit des dizaines de millions de personnes.

« Le fait que nous soyons au Niger est un message d’en haut au reste du monde : n’oubliez pas le Niger, n’oubliez pas le Sahel, n’oubliez pas les gens qui souffrent à cause des guerres, des conflits et de la COVID-19 », a estimé M. Beasley.

Le Niger est un des pays les plus pauvres du monde et, avec plusieurs pays du Sahel, le théâtre d’attaques djihadistes meurtrières depuis des années.

PHOTO WFP VIA AP

Le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial David Beasley a célébré le Nobel avec des employés de l'agence depuis le Niger.

Le chef du PAM a aussi souligné que la famine a fait 6,7 millions de morts dans le monde cette année, quand l’épidémie de coronavirus en a fait un million.

« Si nous n’agissons pas maintenant, nous allons avoir des famines de proportions bibliques », a-t-il averti, notamment à cause de la crise économique entraînée par l’épidémie de COVID-19.

Fondé en 1961 avec son siège à Rome et financé intégralement par des contributions volontaires, le programme onusien dit avoir distribué 15 milliards de rations et assisté 97 millions de personnes dans 88 pays l’an dernier.

Le directeur général de l’agence des Nations unies chargée de l’agriculture et de l’alimentation, la FAO, le Chinois Qu Dongyu, élu en juin 2019, s’est aussi réjoui du prix attribué à l’agence onusienne sœur de la FAO.

Non sans souligner, au cours d’une brève conférence de presse par visioconférence depuis Rome, que le PAM était né comme une « filiale » de la FAO en 1961.

« Ce Nobel est une injection positive d’énergie nouvelle » pour lutter contre la faim dans le monde, a déclaré Qu Dongyu à la presse, en soulignant que « l’alimentation est un des premiers droits de l'homme ».

« Nous sommes encore loin » d’atteindre les objectifs de l’ONU d’éradiquer la faim et la pauvreté d’ici 2030, a-t-il ajouté, en appelant à travailler ensemble, alors que le secrétaire général de l’ONU, Fernando Guterres a appelé à un « sommet mondial de l’alimentation » en 2021.

Interrogé sur l’éventualité d’un rapprochement à cette occasion entre les trois agences de l’ONU qui travaillent sur les sujets d’alimentation et de lutte contre la faim et de développement, toutes trois basées à Rome, la FAO, le PAM et le FIDA (Fonds international de développement agricole), le responsable chinois a indiqué que cette question dépendait « des pays membres ».