Comme promis il y a plus d'un an, les États-Unis et Israël ont officiellement quitté l'UNESCO sur le coup de minuit, mardi, alors que cette organisation de l'ONU est accusée par certains de partis pris contre l'État hébreu.

Mis à jour le 2 janv. 2019
THOMAS ADAMSON ASSOCIATED PRESS

L'administration de Donald Trump avait déposé son avis de retrait en octobre 2017 et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a rapidement emboîté le pas. Ce double retrait est donc essentiellement technique, mais il porte un nouveau coup à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), cofondée par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale pour promouvoir la paix dans le monde.

L'organisation établie à Paris a été notamment dénoncée par ses détracteurs pour avoir critiqué l'occupation israélienne de Jérusalem-Est, pour avoir classé des sites juifs historiques comme « sites du patrimoine palestinien », et pour avoir octroyé à la Palestine en 2011 une pleine adhésion à l'UNESCO. L'émissaire israélien aux Nations unies, Danny Danon, a déclaré mardi que son pays « ne sera pas membre d'une organisation dont le but est d'agir délibérément contre nous ».

« C'est devenu un outil manipulé par les ennemis d'Israël », a-t-il soutenu.

Les États-Unis ont quant à eux exigé une « réforme fondamentale » de l'agence onusienne.

Ces retraits n'auront pas d'impact financier considérable sur l'UNESCO, puisque l'organisation doit composer avec l'austérité depuis 2011, année où Israël et les États-Unis ont cessé de verser leurs contributions après l'adhésion de la Palestine en tant qu'État membre. Depuis lors, les responsables estiment que les États-Unis - qui contribuaient pour environ 22 % du budget total de l'UNESCO - ont accumulé 600 millions US en cotisations non payées ; Israël devrait environ 10 millions.

En raison de la paralysie du gouvernement américain, il a été impossible d'obtenir les commentaires du département d'État. Washington a déjà expliqué par le passé que les États-Unis avaient l'intention de rester engagés à l'UNESCO en tant qu'« État observateur » non membre sur des questions « non politisées », y compris la protection des sites du patrimoine mondial, la défense de la liberté de la presse et la promotion de la collaboration scientifique et de l'éducation. Les États-Unis pourraient potentiellement demander ce statut lors des réunions du conseil exécutif de l'UNESCO en avril.

Les États-Unis avaient déjà quitté l'UNESCO par le passé : en 1984, l'administration de Ronald Reagan considérait l'agence comme mal administrée, corrompue et utilisée pour faire avancer les intérêts soviétiques. Les États-Unis se sont finalement ralliés 19 ans plus tard, en 2003, sous George W. Bush.