Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont condamné vendredi en choeur l'agression russe en Ukraine, une initiative pilotée par le Canada selon la ministre Chrystia Freeland.

Mis à jour le 30 nov. 2018
LA PRESSE CANADIENNE

Dans une déclaration commune, les ministres des Affaires étrangères du Canada, des États-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni, ainsi que le haut représentant de l'Union européenne, ont fait part de leur inquiétude face aux actions de la Russie dans le détroit de Kertch et les eaux environnantes.

Les dirigeants ont appelé à la retenue, au respect du droit international et à la fin de l'escalade dans ce conflit.

Ils exhortent la Russie à relâcher l'équipage et les navires capturés et à s'abstenir de bloquer tout autre passage légal dans le détroit de Kertch. Le bras de mer sépare la Russie de la Crimée, cette péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014, et permet aux navires de rejoindre les ports ukrainiens.

Le conflit a éclaté dimanche lorsque des gardes-frontières russes ont ouvert le feu sur trois navires ukrainiens qui essayaient de franchir le détroit pour gagner la mer d'Azov. Les Russes ont ensuite saisi les navires, de même que les membres de leur équipage.

« Le Canada a en effet été très actif cette semaine par rapport aux tensions entre l'Ukraine et la Russie », a déclaré la ministre Chrystia Freeland depuis Buenos Aires, vendredi, où elle est membre de la délégation canadienne au sommet du G20.

Elle affirme que le Canada, qui préside le G7 jusqu'à la fin de l'année, a travaillé d'arrache-pied afin que la déclaration soit publiée aujourd'hui et que la position de ce groupe plus restreint soit connue à temps pour le sommet du G20.

« Le G7 est uni pour condamner cette agression russe, il est uni pour demander la libération de ces 24 marins qui sont des prisonniers de guerre, il est uni pour appeler à la délivrance des navires et pour défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine », a martelé la ministre Freeland.

Le communiqué conjoint indique également que les pays du G7 ne reconnaîtront jamais l'annexion illégale de la péninsule de Crimée par la Russie.

Cette prise de position survient deux jours après que la Russie eut annoncé qu'elle déploierait une autre batterie de missiles antiaériens en Crimée pour renforcer son emprise sur la région.

De hauts responsables ukrainiens ont récemment fait monter la pression sur le Canada pour qu'il assemble un front diplomatique contre les actions de la Russie.

L'ambassadeur ukrainien au Canada, Andriy Chevtchenko, a notamment exhorté le premier ministre Justin Trudeau à profiter de la présidence du G7 pour gérer cette crise.

La ministre Freeland dit avoir parlé avec son homologue ukrainien, Pavlo Klimkine, tandis que M. Trudeau s'est entretenu avec le président ukrainien, Petro Porochenko, jeudi.

« Le président Porochenko a expressément dit qu'il était très heureux d'avoir eu la possibilité de discuter avec notre premier ministre à la veille du sommet du G7 et je ne suis pas dans la salle en ce moment, mais le Canada prévoit certainement que ce sera une question importante dans les discussions », a soutenu la ministre Freeland.

« Le Canada s'exprimera, comme nous l'avons fait en pilotant la déclaration des ministres des Affaires étrangères du G7, avec une voix forte et une voix sur cette question où nous sommes considérés, à juste titre, je crois, comme ayant une véritable expertise », a-t-elle enchaîné.

La situation s'est compliquée davantage du côté des États-Unis cette semaine, amenant le président Donald Trump à annuler sa rencontre prévue avec son vis-à-vis russe, Vladimir Poutine.

La ministre Freeland dit s'être entretenue avec le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, et assure que le Canada a collaboré avec tous les partenaires du G7, « ce qui inclut certainement les États-Unis », dans l'élaboration de la déclaration commune.