La richesse brute des ménages, qui mêle les dépôts bancaires, l'épargne retraite et les actions, a augmenté l'an dernier de 7,7% dans le monde mais devrait se tasser cette année, estime l'assureur Allianz.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Évalué pour les 50 pays les plus importants de la planète, ce gâteau représentait 168 000 milliards d'euros (197 000 milliards de dollars US) en 2017, gonflé par la croissance économique et surtout la montée des indices boursiers, selon le groupe allemand.

«On attend une augmentation de seulement 2,9% cette année», a déclaré Michael Heise, chef économiste d'Allianz, présentant mercredi la 9e édition d'une étude sur la richesse des ménages.

En cause, les foyers de crise qui pèsent sur les marchés, en premier lieu les tensions commerciales. D'un autre côté, l'entame d'un virage monétaire par les banques centrales sonne la fin de la récréation sur les Bourses. S'ajoutent en Europe la montée des populismes et l'enlisement lié au Brexit.

Près de 80% de la croissance de l'an dernier a reposé sur l'augmentation de la valeur de l'épargne en portefeuille (actions, obligations...), contre 20% seulement liée à un afflux d'argent par les ménages.

La richesse brute par tête atteint 261 100 euros en Suisse, qui a détrôné les États-Unis (208 500 euros). La France ressort au 16e rang, soit trois places de moins qu'en 2000, avec une moyenne de 82 930 euros, et reste devant l'Allemagne, 20e avec 73 630 euros par habitant.

En France, les actifs financiers des ménages ont progressé l'an dernier de 4,6%, moins vite que par le passé, tandis que la dette a elle augmenté plus vite, de 4,9%, un phénomène observé pour la première fois depuis six ans.

Le taux d'endettement des ménages français a lui modérément augmenté pour atteindre 67,6%, le même ratio qu'en 2010 et un score largement inférieur à celui des pays scandinaves ou de la Suisse, où ces ratios dépassent 100%, note l'assureur.

Reste que les épargnants français, en préférant les dépôts bancaires aux placements risqués en actions et fonds d'investissement, ressortent «parmi les grands perdants de la politique de la BCE» à côté des allemands, juge Allianz.

Aussi, les remontrances envers la BCE proviennent essentiellement d'Allemagne. Le patron de Deutsche Börse, Theodor Weimer, avait vertement critiqué vendredi dernier la politique monétaire de l'institution avec ses taux au plus bas et ses rachats massifs de dette, laquelle fait que «les riches deviennent toujours plus riches, tandis que les pauvres ne s'en sortent pas», lors d'un colloque de la Bundesbank.

«Cette critique est justifiée. Les plus aisés ont davantage profité de la hausse des marchés financiers soutenue par la BCE, pendant que les segments moins riches de la population ont plus investi en dépôts bancaires» qui ne rapportent rien, a confirmé M. Heise.