L'auteur et chroniqueur du magazine Time Joe Klein croit comprendre l'origine de la grande frustration de John McCain : sa politique au Moyen-Orient vient d'«imploser», et le succès de la tournée de Barack Obama dans la région n'en est pas l'unique raison. George W. Bush lui-même a miné la crédibilité du prétendant républicain en faisant un volte-face diplomatique vis-à-vis de l'Iran et en tombant d'accord avec le premier ministre de l'Irak sur le concept d'un «horizon temporel» pour la réduction des troupes américaines dans ce pays. McCain ne semble pas capable de s'adapter à cette réalité changeante. Il apparaît inflexible, belliqueux, vindicatif.

Richard Hétu

Comme tacticien, McCain n'a pas toujours tort, écrit Klein, qui est prêt à lui donner raison sur l'impact positif du sursaut militaire (surge) en Irak. Comme stratège, cependant, Obama lui est supérieur, selon le journaliste, qui couvre sa neuvième campagne présidentielle. Je cite un extrait dans le texte dans sa dernière chronique :

En dernière analyse, Obama et McCain semblaient tous deux détenir une parcelle de vérité concernant l'Irak mais celle d'Obama était plus englobante et stratégique. Obama a eu raison dès le début au sujet de la guerre. Elle serait désastreuse, elle détruirait d'innombrables vies humaines, la crédibilité des États-Unis et minerait les efforts déployés à combattre notre vrai ennemi, al-Qaïda, en Afghanistan et au Pakistan. Et Obama a raison aujourd'hui : les progrès réalisés en Irak permettent un retrait plus rapide, question que Bush avait du reste déjà effleurée. Et Obama a raison quant à l'avenir : les Irakiens ne veulent pas de présence à long terme des bases américaines sur leur territoire, la clé de voûte de la politique de McCain et la source de son commentaire infâme sur une guerre de 100 ans en Irak.

Comme il se doit, Klein ne dit pas que la partie est gagnée pour Obama. Il lui prédit en fait un downdraft (courant d'air descendant) majeur d'ici au scrutin. Mais John McCain vit un moment de panique qui n'est pas beau à voir. Sa campagne ne paraît pas seulement pleurnicharde mais également mesquine. On verra si le héros du Vietnam se relèvera de cette semaine pour le moins difficile.

(Photo Getty)