Vous vous souvenez du perp walk humiliant auquel Dominique Strauss-Kahn avait été soumis après son arrestation à New York? Aux Français qui s'en offusquaient, la police et le maire de New York avaient répondu qu'il s'agissait d'une pratique courante qui n'épargnait personne, pas même les riches et puissants.

Richard Hétu

Eh bien ils mentaient. Hier, 16 policiers du NYPD ont été inculpés pour avoir fait disparaître des centaines de contraventions à la demande d'amis, de parents ou d'autres personnes influentes. Aucun d'eux n'a été exhibé devant les médias, menottes aux mains, ou même photographiés à la sortie du tribunal du Bronx où ils ont plaidé non coupable à quelque 1 600 chefs d'accusation.

Les photographes n'ont pu s'approcher des prévenus en raison de la présence de centaines de policiers en civil venus appuyer leurs collègues inculpés. Lesmanifestants ont non seulement empêché les médias de faire leur travail mais également exprimé leur colère envers le procureur du Bronx et le chef de police de New York. «Down with the D.A.» et «Ray Kelly, hypocrite», ont-ils scandé.

Les policiers protestataires ont brandi des affiches laissant entendre que leurs collègues avaient été inculpés pour avoir obéi à un ordre ou s'être conformés à une pratique qui fait parie de la culture du NYPD. De fait, selon cet article du New York Times, le procès des policiers inculpés pourrait mettre en cause plusieurs autres agents du NYPD. À noter que les policiers inculpés sont tous des représentants du plus important syndicat du NYPD.

L'inculpation des 16 policiers découle d'une enquête lancée il y a trois ans sur le comportement suspect d'un policier du Bronx. Selon l'accusation, des écoutes électroniques ont mis à jour la pratique de plusieurs policiers de détruire des contraventions comme faveur. Jose Ramos, le policier du Bronx, a non seulement été inculpé pour cette pratique mais également pour plusieurs autres crimes, dont le transport d'héroïne.

Le NYPD vient de connaître une de ses pires semaines. Mercredi, huit de ses agents, encore en activité ou à la retraite, ont été arrêtés et accusés de contrebande d'armes à feu et d'autres biens.