Dans toutes les crises qui ont marqué les cinq premières années de sa présidence, Barack Obama avait réussi à convaincre le peuple américain qu'il était, malgré tout, honnête et digne de confiance. Sa fausse promesse concernant sa réforme de la santé («Si vous aimez votre couverture, vous pouvez la garder») semble cependant avoir changé la donne.

Richard Hétu

Pour la première fois de sa présidence, une majorité d'Américains (52%) estiment que Barack Obama n'est pas honnête et digne de confiance, selon un sondage Quinnipiac publié cette semaine. Le même sondage indiquait aussi que seulement 39% des Américains approuvent le travail du président démocrate à la Maison-Blanche, son pire score.

Cette perte de confiance à l'égard de Barack Obama semble même vouloir s'étendre chez les élus démocrates du Congrès. Comme on peut le lire dans cet article du New York Times, plusieurs d'entre eux songent à appuyer un des projets de loi proposés à la Chambre des représentants (par Fred Upton, un républicain du Michigan) et au Sénat (par Mary Landrieu, une démocrate de Louisiane) et qui permettraient aux Américains dont la couverture a été résiliée en raison de l'Obamacare de la garder.

La Maison-Blanche s'oppose farouchement à la proposition d'Upton, qui autoriserait les assureurs à continuer en 2014 à vendre des polices ne correspondant pas aux nouveaux critères de l'Obamacare. Cette proposition doit faire l'objet d'un vote demain. Et des démocrates pourraient être tentés de l'appuyer, se sentant d'autant plus vulnérables sur cette questions que l'administration Obama n'a pas encore offert de solution de rechange pour corriger la situation.

Des centaines de milliers d'Américains ont reçu au cours des dernières semaines des lettres de leurs assureurs les informant qu'ils devront changer de couverture, la leur étant devenue illégale. Dans certains cas, ils feront face à des augmentations de primes. Dans d'autres cas, à des baisses.

La polémique autour des couvertures résiliées s'ajoute évidemment aux problèmes rencontrés par le site HealthCare.gov, qui n'aura permis qu'à 27 000 Américains de souscrire à une assurance maladie au cours du mois d'octobre.

Reste à voir si Obama saura regagner la confiance des Américains.