Publié le 10 févr. 2014
Richard Hétu

À entendre Reince Priebus, les républicains attendent Hillary Clinton avec une brique et un fanal.

«Je pense que tout est sur la table», a déclaré le président du Comité national du Parti républicain sur MSNBC cet après-midi, semblant tenir pour acquis que l'ancienne secrétaire d'État américaine briguera la présidence en 2016. «Je pense que nous aurons un plein camion de dossiers contre Hillary Clinton, des choses qui seront peut-être anciennes, d'autres choses qui pourraient être nouvelles. Mais je pense que tout est en jeu quand on parle de choisir le leader du monde libre.»

Priebus s'exprimait ainsi après que l'animatrice Andrea Mitchell lui eut demandé s'il estimait légitime le recours à l'affaire Monica Lewinsky par Rand Paul pour attaquer Hillary Clinton. Le sénateur du Kentucky, candidat pressenti pour la présidentielle de 2016, a laissé entendre récemment que les démocrates, y compris la femme de Bill Clinton, n'avaient pas de leçon à donner aux républicains sur la question féminine, ayant fermé les yeux sur le comportement «prédateur» du 42e président.

La déclaration de Priebus a coïncidé avec la publication sur le site conservateur Washington Free Beacon de documents appartenant à une ancienne amie d'Hillary Clinton, Diane Blair, aujourd'hui décédée. Rédigés par Blair, les documents font état de conversations téléphoniques avec l'ancienne First Lady où celle-ci qualifie notamment Lewinsky de «folle narcissique».

Hillary Clinton ne dédouane pas pour autant son mari de son comportement dans cette affaire qui a mené à son impeachment. Je cite un de ces documents :

«Elle (Hillary) n'essaie pas d'excuser (Bill Clinton) : c'était une énorme faute personnelle, et elle ne veut en assumer aucune responsabilité. Mais elle dit cela pour placer les choses dans un juste contexte.»

Reste évidemment à voir si ce retour sur le passé serait de nature à aider ou à nuir aux adversaires d'Hillary Clinton.