Depuis 1993, Cliven Bundy refuse de verser des droits de pâturage au Bureau of Land Management (BLM) pour pouvoir faire brouter son bétail sur des terres appartenant au gouvernement fédéral dans l'État du Nevada. Ses arrérages s'élèvent à 1 million de dollars.

Publié le 24 avr. 2014
Richard Hétu

La semaine dernière, après un long combat juridique, des agents du BLM ont tenté en vain de saisir quelque 380 têtes de bétail appartenant à Bundy. Ils ont dû abandonner leur mission après avoir été défiés par des miliciens armés venus à la rescousse du rancher.

L'affaire Bundy est devenue une cause célèbre au sein d'une certaine droite aux États-Unis ainsi que sur Fox News, où l'animateur Sean Hannity est son principal promoteur. Le rancher de 67 ans a également des défenseurs au sein de la classe politique, dont le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul.

Aux yeux de ses supporteurs, Cliven Bundy est un véritable patriote. Il défend la Constitution américaine face à un gouvernement fédéral qui se croit tout permis.

Le sénateur démocrate du Nevada Harry Reid n'est évidemment pas de cet avis, ayant qualifié Bundy et ses supporteurs armés de «terroristes domestiques» la semaine dernière.

Le bétail de Bundy pâture sur des terres qui se trouvent dans une région du Nevada appelée Gold Butte et désignée par le gouvernement fédéral comme un habitat protégé pour la tortue du désert, une espèce menacée. Bundy a cessé de verser des droits de pâturage à partir du moment où le BLM lui a demandé de réduire le nombre de têtes de bétail qu'il pouvait y faire brouter.

Au fil des ans, Bundy a non seulement invoqué la Constitution pour justifier son refus de payer ses droits de pâturage mais également ses privilèges ancestraux.

Et chaque jour depuis l'affrontement du 12 avril, Cliven Bundy pontifie devant ses supporteurs, comme on peut le lire dans cet article publié aujourd'hui à la Une du New York Times. Le hic, c'est que le héros d'une certaine droite tient parfois des propos racistes. Je cite dans le texte un extrait de l'article du Times où le rancher se demande si les Noirs ne seraient pas en meilleure position aujourd'hui s'ils étaient esclaves plutôt que bénéficiaires de l'aide sociale :

"I want to tell you one more thing I know about the Negro," he said. Mr. Bundy recalled driving past a public-housing project in North Las Vegas, "and in front of that government house the door was usually open and the older people and the kids - and there is always at least a half a dozen people sitting on the porch - they didn't have nothing to do. They didn't have nothing for their kids to do. They didn't have nothing for their young girls to do.

"And because they were basically on government subsidy, so now what do they do?" he asked. "They abort their young children, they put their young men in jail, because they never learned how to pick cotton. And I've often wondered, are they better off as slaves, picking cotton and having a family life and doing things, or are they better off under government subsidy? They didn't get no more freedom. They got less freedom."